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   Décembre 2007



Lauréate du concours du mois de décembre 2007

Audrey Monseny vient d'avoir 18 ans, est en 1er année de droit et réside en région parisienne



JE TE VEUX NUE


Je te veux nue, dans un volage de voiles aux couleurs ardentes
Où se mêleraient le pourpre et le safran divin.
Cela me procurerait une attente
Avant la naissance de tes seins.

Je te veux nue, dans une alliance de soie et de satin
Aux couleurs chaudes : rouge sang et jaune pisenlit
Cela borderait la courbe sans fin
De tes fesses rebondies.

Je te veux nue, dans un nuage de lin
Aux nuances douces et farouches
Pour que par mille délices ma bouche
Embrasse la cambrure de tes seins.

Je te veux nue, dans un drapage de tulle légère
Aux couleurs chatoyantes comme une théâtrale perruque
Pour que mes caresses telle une bise éphémère
Se posent sur la douceur de ta nuque.

Je te veux nue, dans de la dentelle flottant deci-delà
Au blanc éclatant et luisant
Et où le bruit de mes baisers retentira
Sur ton front brûlant.

Je te veux nue, prête à te doner là dans mon esprit, dans ma tête
Pleine d'ardeur et avide de sensations
Je te veux nue, là Ô Femme parfaite :
Au palais de mon imagination.

AUDREY MONTSENY (France)



   Novembre 2007



Lauréate du concours du mois de novembre 2007

Christiane Kuhk est née en 1963, réside en Alsace et est professeur d'allemand


IMPUDIQUE

Les verges de la nuit caressent mon fruit rouge.
Sous la robe de lune à la pulpe de lait,
Je me donne ivoirine au souvenir défait.
Sur le front de ma peau nulle ride ne bouge.

Ma veine coule noire et mes jambes de gouge,
Comme de grands pinceaux, redonnent un attrait
A la toile sépia d’un lugubre portrait
Gisant sur le plancher décati de mon bouge.

J’entends ton pas de plomb montant l’escalier.
Ton ombre se dessine au bord du palier.
Je recouvre mon corps d’une main transparente.

Sur le ventre brûlant court un doigt vagabond ;
Soudain mon impudeur en devient apparente,
Tu asperges de feu le désir moribond.

CHRISTIANE KUHK



   Octobre 2007



Lauréate du concours du mois d'octobre 2007

Amandine Thireau est née en 1986, est étudiante et réside à Paris


SUPPLICIEE

En me prenant dans tes bras, je tremblerai.
Je frémirai de froid, ou de crainte.
Tes mains supplicieront mes seins,
Et entre tes dents, je gémirai, docile.
Le feu entre les hanches,
J'attendrai ta lame de sang,
Déchirée par l'impatience.

Et lorsqu' enfin tu trancheras mes chairs dans des grognements carnassiers,
Je cèderai malgré moi à ce jeu cruel.
Attachée, maintenue, suppliciée,
Je hurlerai la mort de l'innocente que j'étais.
Je serai alors ta petite soeur de la Passion,
Je pleurerai jusqu'à l'orgasme, intense, douloureux, inoubliable.

Tu me diras n'importe quoi en te déversant entre mes lèvres,
Et j'avalerais la chaleur mièvre de ta Domination.

AMANDINE THIREAU



   Septembre 2007



Lauréat du concours du mois de septembre 2007

Jean-François Pascolo a 33 ans, réside dans la Loire et excerce la profession d'ingénieur de développement en informatique


LAISSE MOI T'EVEILLER

En ce matin sombre et nuageux
Je t'observe lovée dans les draps
M'enlaçant en rêve dans tes bras
Sur les lèvres un sourire radieux
D'où émane un parfum de bien-être

Il vient me caresser doucement
Je suis plein d'une tendre torpeur
Je me délecte de ce bonheur
De te dévorer impunément
Mon regard glissant sur ton corps nu

Je frôle tes épaules graciles
Que je n'ose de mes doigts toucher
Car j'ai bien trop peur de t'éveiller
Dans ce sommeil semblant si fragile
Tu m'offres le plus beau des sourires

Luttant contre la pâleur du jour
Il irradie sa chaude lumière
Rosissant le bord de tes paupières
Si je pouvais m'en nourrir toujours
Jamais plus je n'aurai peur du noir

L'air est parfumé de tes désirs
Ta poitrine monte et redescend
Au rythme de tes rêves indécents
Qu'au bord des lèvres je viens saisir
Y posant les miennes tendrement

Encore inconsciente tu m'embrasses
Unissant rêve et réalité
Dans tes songes avec complicité
Tu me laisses venir t'enlacer
T'offrant le plus tendre des réveils

JEAN-FRANÇOIS PASCOLO



   Marie-Laure Cordin



Lauréate du concours du mois d'août 2007

Marie-Laure Cordin a 26 ans réside à Lyon et travaille dans l'enseignement



INCURSION EXQUISE

Ferme les yeux et souviens-toi…
Une griffe de papillon aux ailes de soie
Qui vient se poser entre tes cuisses
Une image, un désir claustrophobique
Elle se fait chaleur, elle s’agrippe
Elle glisse
Passe au niveau supérieur
Et s’arrête un instant
Se diffuse, lentement, rayonnante tumeur
Les yeux sont toujours fermés
Les cuisses un peu plus écartées
Tu frissonnes, c’est fou
Et c’est alors au cou
Qu’elle te pique, qu’elle te prend
Que tu t’imagines la prendre
Que le coup repart de ton ventre
Torture chaque parcelle de ta peau
Des petites vagues électriques remontent à ton cerveau
Maintenant ?
Le cœur bat plus vite et trop fort
Tu l’entends
Et c’est elle que tu vois
Un joli regard de reine à assujettir
Image instantanée d’un désir étouffé
Comme à chaque fois
Que ton corps dépasse tes pensées

MARIE-LAURE CORDIN



   Philippe Marguet



Lauréat du concours du mois de juillet 2007

Philippe Marguet a 43 ans, est médecin hospitalier et demeure dans le massif du Jura



PHYLLIS ET CLITANDRE

Pour tout l’or des saints je sais les seins de Clitandre
Et les feux de Phyllis l’une en l’autre mêlées,
Dans l’eau de Vénus, claire et tissée de filandres ;
Fils de vierge et moiteur des pôles inversés.

Des ocres d’Orient, des ors et des porphyres,
Les philtres de Phyllis sont des effleurements
Qui poussent Clitandre à toujours se dévêtir,
Coquine à laisser sur sa peau courir le vent.

Ses doigts sont un archet qui glisse entre ses fesses,
Ondulent et tournoient, coulissent sur ses cuisses,
Sa langue est un délice et bien plus que caresses,
Ouvre les lèvres, file au bout du clitoris.

Et Clitandre et Phyllis partagées dans la chair,
Terre de Sienne ou bleu d’enfer : couleurs de fées ;
La belle et la putain, l’ivresse ou la chimère
S’endorment apaisées des rituels sanctifiés.

Mes chères ingénues, mes belles impudiques,
Osez qu’entre vos corps j’y coule à pas feutrés
Mon âme et tout ce qu’il me reste à perdre, au gré
De grands coups de lame et d’inventions érotiques.

PHILIPPE MARGUET



   Lambdum Kagibi



Lauréat du concours du mois de juin 2007

Lambdum Kagibi est né en 1945 et est maître de conférences à l'Université Pierre et Marie Curie (Paris 6)


EN MI MINEUR

« Emma aimée ma mie
assomme-moi de mimis
ma môme ma mimolette
mon amour ma minette… »

Tes mamelons mignons
mûrs sur leurs mollets monts
marbrés de veines d’un pâle bleu
affleurent ma main à qui mieux mieux.

Et momentanément
mon marmonnement mue
ton époumonnement
en un minou ému.

Ton monument remue
mi mollement mû
mouillant l’aimable maille
où rame mon ornement
d’un maniement qui vaille
le mal, amoureusement
mené au firmament
que promet ton ferment.

“ met moi !... moui… met moi !”
Ton murmure émis se noie
En pleine mer de Marmara
Fermement je t’arrime au mât
du macho tendrement mâchonné
et t’emmène à ma baume emmanchée.

Enfin mûre mon amante
doucement malmenée
tu montes démente
ma comète minée.

L’ultimatum soumis,
qui met aux abois ta mimique
sous la sourde meute
qui menace d’émeute,
et moult fois remis
pour mieux t’amener au cirque,
…expire...
Tout le démon aimé te met le feu aux trousses.
Ta pâmoison paumée tes mirettes éclabousse.

Lambdum Kagibi



   Dominique Alers



Lauréate du concours du mois de mai 2007

Dominique Alers est née en 1957 et réside sur la Côte d'Azur


DERIVE FUSIONNELLE

Maître de mes plaisirs, gardien de mes désirs
Tu diriges dans l’ombre le moindre de mes soupirs
De mon esprit abuse, en appelle à mon corps
De ton regard brûlant régente jusqu’à mon sort

J’en appelle à ta grâce, quand tes mains audacieuses
Sur mon corps alangui se font pernicieuses
Appelle à la clémence de ta bouche gourmande
Sur mes lèvres brûlantes dociles à ta demande.

Ma nébuleuse vie se fait plus vaporeuse
Sous tes audaces viriles tu me rends plus radieuse
En amant téméraire tu me rends libertine
L’éclat de mon regard prend une teinte mutine.

Donne moi ce plaisir qu’en secret tu régentes
Libère mes ardeurs, alimente mes attentes
Possède la douceur de mes courbes féminines
Attise ma chaleur de ta ferveur coquine.

Qu’il est doux de sentir tes mains s’éparpiller
Ta langue sur mon sexe soudain papillonner
Qu’il est doux de sentir que tu te perds en moi
Quant ton vit si fier appelle à ton émoi.

De tes désirs ardents tu me donnes la grâce
D’une femme comblée par un amant vivace
Entre mes reins cambrés, désarmé tu te perds
Tu décharges ton plaisir sous mon regard pervers.

Maître de tes désirs, gardienne de tes plaisirs
J’ai dirigé dans l’ombre le moindre de tes soupirs
Aux croisée des chemins nos désirs, nos envies
En bravant le destin ont rapproché nos vies

DOMINIQUE ALERS



   Brigitte Berger



Lauréate du concours du mois d'avril 2007

Brigitte Berger est employée, née en 1959 elle réside dans le Poitou



CE SOIR LES SOURIS SONT BLEUES (3)

Dans le creux de mon lit
tu pourrais y trouver
un litchi cochise,
tu craquerais l'écorce
rose brune et mûre
tu laperais la frise,
ta langue de groseille
chatouillerait ce fruit,
il n'est pas défendu.


Songe à la pulpe tendre et ronde,
songe à la crème fugueuse
à l'odeur du croissant qui gonfle
à la prune juteuse
à la sève chaude
au léger bruit mouillé
libéré,
du bout des lèvres humides.

Songe et engloutis
mon petit oeil de chat,
dans ta langue cendrier.

mon litchi crierait
le noyau aspiré,
parfum d'épice
sur les draps froissés.

dans le creux de mon cri,
il pourrait s'y trouver,
le paradis,
ou,
une armée de souris,
nichée dans les replis,
et ce soir, ce soir là seulement , les souris seraient bleues...

(Azazel)
BRIGITTE BERGER




   Dallys-Tom Medali



Lauréat du concours du mois de mars 2007

Dallys-Tom Medali est né en 1987, réside à Cotonou au Bénin et est agent commercial dans une compagnie de transport maritime


LA MANGUE DU VILLAGE

A toi, la mangue du village,
Toi qui hantes tous les esprits.
Telle une ombre, tu apparais,
Et, ta silhouette, très vite disparaît.

Quand illuminent les flambeaux,
Dans les sombres cours- labyrinthes,
Des maisonnées de terre cuite,
Tu excites les masses,
Et allumes même les vieux assis dans leur hamac.

Lorsque le jour de la fête biennale,
Tu danses au milieu du cercle,
Tes déhanchements rythmiques,
Tes contorsions hallucinantes,
L’érection des papayes dressées sur ta poitrine,
La sueur gluante de ton corps d’ébène,
La fusion de tes muscles presque nus
Avec les pleurs des tambours,
Tous les yeux te contemplent,
Et toutes les cuisses t’acclament.
Ô toi la mangue du village.

DALLYS-TOM MEDALI



   Marie-Pierre Demon



Lauréate du concours du mois de février 2007

Marie-Pierre Demon née en 1970 exerce les professions de manageuse et de poètesse.


LIBERTE TOTALE

D'un geste libéral
J'ouvre grand mon décolleté
Libérant ainsi d'autres libidos.
Moeurs libertines ?

Libre à vous de les voir !

MARIE-PIERRE DEMON




   André Cayrel



Lauréat du concours du mois de janvier 2007


André Cayrel est né en 1946 et réside à Montpellier


SENS DESSUS DESSOUS

Effleure
Doucement tes lèvres
Vestibule de soie et moi
Préparant mon entrée en fièvre
Suspendu au dessus de toi
Vois
Ce duvet cette coiffure
Au milieu de tes jambes nues
Sens
Cette odeur de chevelure
Et de marine confondue
Entend
Ton ventre murmure
Même le mien a entendu

Tu ne dis rien juste une injure
De ta bouche jaillit le vent
Et la liqueur de ma blessure
Goutte
C’est le chant le plus émouvant

ANDRE CAYREL


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