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   Décembre 2006



SONNET LUXURIEUX - LA PUCELE DU CU

Sous la culotte ie fé veoir,
Alors qu'elle trousse jupon,
Le membre dru, gaillard, frippon
Elle, son cu blanc et mignard

"Ie ne saurai dire comment
Mon vit art de vous faire fête
- En ce joli cu rosissant
Tout gentillement qu'il se mette."

Philis a genoux, gémissant,
Le rein cambré, le cu offert,
Soutient l'assaut de son amant ;

Alcandre grogne, peste, rage,
Il est enfin dans le derrière,
Et limant, ouvre le passage !

THIBAULT VERMOT (France)

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L'EXTASE DE L'ATELIER

Tes yeux bleus glacés jettent des éclats de braises
Dans le canapé vert qui nous sert de fournaise.
Tout ton corps miaule sous la charge de mes caresses
Un somptueux délice coule de nos muscles d'ivresse
Tes seins colorent la fine étole de soie
qui dégouline jusque là où je te vouvoie
L'étoffe blanche bouge, frémit aux moindres gaudrioles,
Celles qui me font perdre tout repère sur la boussole,
De ta silhouette frêle souple et menue.
L'oxygène brûlant de mes poumons verse son flux sur toi nue
Que tu es belle dans la lumière crue de l'atelier
Ta peau en pain d'épice éclate sous la lueur des murs surannés
Notre solitude à deux tape fort sur l'enclume de ma vie.
Toute mon existence défile, va vers toi, je frémis.
Ton souffle court me rends ma conscience et m'appelle
Serais-je dans les temps ? Faudra-t-il un rappel ?
J'aime tes étincelles.

SERGE FLO (France)

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AVENTURES

Tu me ravis me rêvant
si loin l'un de l'autre
nous réinventons l'absence
et ses paradis tropicaux
tes seins sont deux fruits que je soupèse
ils palpitent dans ma main
je les hume au soleil de midi
presse leur pulpe moëlleuse
j'imagine ton visage les yeux mi-clos
tu me dis de ta voix un peu rauque :
goûte-les ces mangues bien mûres
savoure-les bois en le jus chaud et onctueux
je te palpe entre les jambes
le tissu de ta jupe de coton est si léger
où passent des nuages indigo
comme des reflets dans l'eau
tu cambres ton bassin d'indigène haletante
vers mon phallus que le zénith aimante
je remonte le courant comme une pirogue
bariolée des signes de l'amour charnel
je danse à cru sur l'écume
allongé sur toi flot qui te fends
devant ma proue éperonnée d'un désir fou
je danse à cru contre ton ventre
où démarre un incendie de forêt
gagnant bientôt le ciel entier
où s'éparpillent en tous sens
les colonies de flamands roses
qui nidifiaient entre tes cuisses
je nage en toi te déchiquetant
à longs coups d'ongles et de dents
tu me serres comme un trophée
ta langue plongée dans ma bouche
tu me chevauches à travers avalanches et vents de sables
ta force décuplée me terrasse
ton sexe extasié déglutit mon lion affamé
je me sors de ta savane en rut
chasseur vorace saturé de sang neuf
je te soulève te retourne
te pénètre par des orifices inconnus
où naissent et meurent des univers carnassiers
tu es une lune palpable
en orbite autour de ma bite
et je te bombarde de rayons aveuglants
je t'irradie jusqu'à ce que nous ne soyons plus qu'une seule coulée
comète irrationnelle traversant les espaces infinis
en hurlant notre victoire sur la mort
je te connais tu me connais
nous retournons à l'orgasme de la création

André CHENET (France)

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IL ET ELLE

Voyant sa nudité, Il se dresse
Fier et toujours prêt à partir
A l’assaut d’un territoire
Déjà conquis par son désir

Voyant son érection, Elle s’avance
Pour lui donner du plaisir
Avec ses mains et sa bouche
Qui l’engloutit et l’aspire

En entendant ses soupirs
Elle sent ses tétons se durcir
Son clitoris et son vagin tiédir
Et ne se retient pas de gémir

Sa faim inassouvie
Elle engloutit ses couilles
Et s’enhardit jusque
Vers son anus si joli

Puis remonte vers ses seins
Qu’Elle titille et mord
Vers sa bouche enfin
En le couvrant de son corps

Humide et chaud
Puis se glisse à nouveau
Entre ses reins
Pour prodiguer ses soins

A son membre épuisé
De baisers et de caresses
Qui finit par se rendre
A sa passion débridée

En un jaillissement qui libère
En un cri et un soubresaut ultimes
Comme une vague qui submerge
Et Le laisse heureux et sans force.

LARA VANEL COYTTE (Maroc)

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LES SENS ; DESSOUS, DESSUS.

J'ai touché le bleu de tes yeux du bout de mon regard
j'ai humé de mes narines frémissantes le son velouté de ta voix
j'ai palpé de mes mots les caresses de tes lèvres.
j'ai goûté de mon oreille attentive la douceur de ta peau.
Et tu m'as souri.

Il n'y a entre nous qu'une table bancale
Ce pourrait tout aussi bien être un gouffre, un torrent
Des gens tout autour conversent de choses banales
tandis que nos sens eux, deviennent des amants.
Et je t'ai souri aussi.

Tu peux bien rêvé de nos nuits à venir,
Je peux bien imaginer nos exploits, nos soupirs.
Les barrières entre nous sont faites de fer forgé.
De conventions, de règles et de peurs enracinées.
Auxquelles nous sommes soumis..

Regardons-nous, parlons-nous, touchons-nous.
Tous nos corps sont du même argile à pétrir.
Touche du bout de tes doigts l’odeur de mon désir.
Mes petites lèvres te feront un sourire.
A ravir

Laisse-moi faire monter ton dow Jones émotif !
Allez ose investir mon Nasdaq érotique.
Fais tomber les frontières de ton protectionnisme.
Je lèverai l’embargo de mes chaînes exotiques
Qu’importe d’où je suis.

Vois nos corps danser sans dessous, dessus.
Écoute nos âmes, crier leur mise à nu.
Délions nos six sens, débridés, insoumis.
Que nous puissions voguer jusqu’à notre infini.

CARMEN HOUDE (Canada)

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L’ATTENTE

Baisers voluptueux, caresses délicieuses,
Roule et déroule encore ta langue malicieuse.
Goûtes-moi mais sans hâte, manges-moi mais sans fin
Sois gourmet, sois gourmand, sois goinfre en même temps.

Puis descends doucement, et sur ma nuque offerte,
Frémissante et sucrée, glisse tes lèvres expertes.
De frisson digital en succion animale,
Une chaleur parcourt mon corps abandonné.

Mes seins durs et nacrés ont faim de tes prouesses,
Mes tétons violacés par tes ongles agacés
Dardés en pointes rondes, enserrés et conquis
Appellent tous mes sens à un plaisir exquis.

Mon ventre s’est tendu, mon désir est intense
D’un toucher délicat, tu l’amuses d’instances
Du nombril jusqu’à l’aine, lentement, en douceur,
La brûlure du désir m’envahit, souveraine.

CHRISTINE FRICHET (France)

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GENESE

D'une nuit sans saveur, je me suis réveillé,
Au milieu des peurs bleues et du néant glacé,
L'allumette consumée d'une fleur de zinc,
Au point alpha d'abscisse deux zéro zéro cinq,

Rendors-moi aussitôt petite mulâtresse,
Fuyard du quotidien et chercheur de l'ivresse,
Dans un monde de cendres, braises à mes pieds,
Où ta salive nacrée, perçant le blanc givré,
Viendra comme un pétale tendrement se poser,

Extase psychédélique, tout mon corps transi,
Dans une ronde folle que ma muse accomplit,
Ses formes charnelles et douces, tentations du malin,
Danseront comme un machiavelos jusqu'au petit matin.

ANTOINE RAFFALLI (France)



   Octobre 2006



PARADIS

Laisse le ciel s’en aller, il est devant toi !
Je veux juste te dire, que le Dieu c’est moi !
Je veux juste, une ballade dans le clair de Lune,
Je veux juste, une toute petite histoire de Lune !

Je veux juste toi et moi, étrange beauté,
Je veux juste, toi et moi tendrement enlacés !
Si concrète et si douce, Ô divine princesse !
Tu peux me faire, Ah, ma martyre, jouir sans cesse !

De ta céleste et suave envie sexuelle,
Je me délecte et ne pense qu’à nourrir ma belle !
Ah ! Enflammer ton paradis et tes autels,
Ah ! Redessiner enfin le rouge de ton ciel !

Alors l’ardente passion de ton Dieu sera ?
- De forniquer, ma belle, sublime créature !
Ne déçois pas, mon amie, les désirs de la nature,
Ne les combats pas, vas-y allonge-toi là…

JEAN-LAMBERT BALENT (France)

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L’ETREINTE

Encore une chaude nuit encore tes seins ivres et fous
Encore tes hanches cambrées et nos ébats de loups
Et quand bien même je meurs coulé à l'aube cruelle
Encore débout encore assise encore à genou

MUSTAPHA KHARMOUDI (France)

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JE TIENS A TOI

Je viens te dire combien je tiens à toi,
Me faisant vibrer sous tes caresses hallucinantes.

Laisse moi lire ce corps musclé et fervent.
Ressens mes mains douces et amusantes,
Descendre le long de ton échine vibrante.
Remonter jusqu’à ta nuque
Redescendre,,, s’attardant,
Mon doigt glisse le long de la petite ouverture
Au bas de tes reins, je pianote un peu.

Mes mains te pressent vers moi.
Mais, mais, mais, Linga se pointe
Je me penche vers lui
Ma gourmandise est ouverte
Ma langue vient le caresser,

Je savoure sa première perle
Si délicieuse à mon palais.
Mon chéri, mon Loup à moi
Je sens ta bouche sur mon sein.
Il durcit pour gratter ta lèvre
Tu les suces à me faire crier de joie
Mon hydromel est pour toi.
Mes mains pressent sur tes fesses
Elles permettrent à Linga t’atteindre
Le fond de mon gave.

Viens, viens en moi.
Tu m’as tout donné avec joie
Je te donne tout de moi
Demeurons joints l’instant d’ivresse
Savourons ce moment de tendresse
Que personne d’autre ne peut vivre, comme nous

Viens, viens en moi, Aimé,
Tout au fond de mon allée.
Jouie de ce miel fait avec passion
Nous procurant un délice
Sans pareille mais bien réelle

De nos corps allongés
C’est l’allégresse.

PAULINE HEROUX (Québec)

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SENSUALITE

Le plaisir de la chair est un feu dévorant
Qui vous brûle dans l'âme et vous laisse pantelant
Tantôt ce sont les mains qui versent des onguents
Tantôt c'est une langue qui passe comme un gant

C'est un baiser sur l'il ou sur le bleu d'une veine
Un mélange d'haleine qui descend jusqu'à l'aine
C'est la vague soudaine qui monte et qui descend
C'est la vision obscène de deux corps indécents

C'est la bouche qui mord qui dit oui et consent
C'est dans l'acte d'amour des encore gémissants
C'est la caresse intime qui répond au désir

C'est l'onde qui survient en réponse au plaisir
C'est le corps dévêtu objet de convoitise
Sous le regard sensuel que l'envie électrise

ALAIN HANNECART (France)

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AU PLAISIR DE CHARLIE

Soulève-moi au creux de la nuit
Lorsque le corps au repos ressent les attouchements
Ceux qui amènent à l'envie
Forte, sensuelle d'être en de subtils frôlements
Désirée, convoitée, écartée et furieusement enfoncée
Par ta bouche brûlante, et ta verge gonflée;
Je deviens fontaine, source chaude et sucrée
Ta langue m'envahit, ta bouche avale mon nectar
Je me cambre durement et tes doigts à l'instar
Jouissent de mon fondement qui t'implore d'y éjaculer.
Et sous tes assauts répétés, je suis enfin pénétrée
Au gré de tes fantasmes, je me sens femme
Femme sous ton corps, femme vraiment femme.
Mon bel amour, tu as le goût d'un fruit tendre et parfumé
Et notre amour lui ressemble, nous finirons consumés.

MURIEL DIDIER (France)

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SOUFFLES D'AMOUR

Comment pourrai-je vous louer
Par des mots plus intenses que la prière,
Des paroles qui s’éparpillent pour chatouiller
La gaieté impressionnante d’une pierre ?

Tiens-toi ma passion, ma seule envie
Tu me déchires pour la dessiner
Par l’encre rousse de mes artères,
Des sentiers mortels qui mènent la vie
D’un battement sur l’autel de ma destinée,
Une sacrifice pour vous, ma madone, ma si chère.

Comment pourrai-je vous décrire,
Une abstraction errée à l’aventure concrétisée
D’un poète qui pousse un profond soupir,
Sillonnée la mer de mes pensées
Où l’extase est le cotre et le navire
Qui brisent mes vagues délaissées ?

Revenez, ô figures de mon esprit qui s’enfuient,
Apèsez-moi en attendant patiemment, la nuit
Vos paroles chavirent ma plume éveillée
Qui chante « HADIA » pour son encrier.

ELIE TANNOUS (Nord Liban)

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(H)EROS

Tu avais accepté de me les confier …

D’abord,
Je n’avais pu m’empêcher de les regarder
Longuement
Les effleurant du bout des yeux
Surtout, ne pas les effaroucher …

C’étaient coussins de mousses et d’herbes de tourbières
Végétations rases et douces des bords de falaises
Léchées et caressées par le vent …

Galets emmaillotés de goémons séchés

Ma main n’osait pas la première caresse …
Le contact
Aurait peut-être rompu le charme …

Elles rebondissaient en joues
Et s’accomplissaient en un sourire …

Malice et humour
Clin d’œil engageant
Elles m’invitaient
Me priaient
Me conviaient …

Pas la peine de résister …

J’approchai ma paume
Sans toucher

Vibration et chaleur
Douceur
Rondeur
Je tentais un frôlement
Ce fut
Sable de plage
Toison et chaton
Bulles et coton
Voyage dans le ventre de la mer

Puis cueillette d’api :
Dans chacune de mes mains
Je tenais … enfin
Tes fesses !

DOMINIQUE NOËL (France)



   Novembre 2006



LE BIJOU PERDU

Tu n'aurais pas d� te mettre � genoux,
Une �paule au sol pour mieux retrouver
Ce collier de jade ou autre bijou
Tomb� disais-tu, sous le canap�.

Ton geste f�lin pour glisser menotte,
Joue sur le tapis, la croupe cambr�e,
Me fit entrevoir, mieux que ta culotte,
- Tu n'en portais pas - ce qu'elle e�t cach�.

Prestement lev�e, regard triomphant,
Tu portais l'objet comme un vrai troph�e,
Et me demandais, sourire �clatant,
De bien l'attacher sur ton cou baiss�.

Le divin bourbon flattant mes papilles,
M'apparut soudain, plus fort que le feu.
Je toussais, g�n�, priais ma b�quille,
Trop vite dress�e, de calmer son jeu.

Un instant pos� sur mon ind�cence,
Ton regard coquin semblait ne rien voir.
Je buvais, perdu, ta fausse innocence.
Tu me pris le bras pour me faire asseoir.

Sur quoi comptais-tu pour avoir ma t�te,
Ta nuque gracile ou tes cheveux fins,
Ou ton seul parfum pour qu'une temp�te
Enflamme d'un coup mon c�ur libertin ?

Tes l�vres charnues et ta bouche ardente,
Ont vite eu raison de mes retenues.
Tu m'as d�v�tu de tes mains br�lantes
Tandis que mes doigts griffaient ton dos nu.

Je t'ai retir� bague et bracelet,
Cette fois c'est toi qui ne m'as pas vu.
Je les ai cach�s sous le canap�.
L'or te va si bien quand tu l'as perdu.

ULYSSE ENVERS (France)

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FEMME FONTAINE

Elle se donne
Elle se laisse
Aller aux caresses
Aux baisers,soupire
G�mit, se cabre
Sa langue fouille
La fleur ouverte
De son envie de n��tre
Que d�sir, de n��tre
Plus un cerveau, n��tre
Qu�un corps, un sexe
Des seins qu�elle caresse
En regardant sa t�te
Entre ses cuisses
Qui cherche
Dans ses replis intimes
Le point extr�me
Il savoure
Fouille
Titille
Embrasse
Explore
Elle l�implore
Par des mots obsc�nes
De la torturer encore
Elle transpire
Puis supplie que s�ach�ve
Ce supplice
De Tantale
Le coup de gr�ce
Arrive, enfin, d�ferle
En un spasme
Qui la tord, la lib�re
Tandis qu�elle �jacule
En larmes
De plaisir qui jaillissent
Entre ses cuisses
Qui s�ouvrent
Encore
Pour accueillir, reconnaissantes
Un deuxi�me orgasme.

LAURA VANEL-COYTTE (Maroc)

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VOYAGES DES SENS

Je veux t�aimer partout
Debout ou � genoux
Allong� dans un pr�
Ou derri�re un fourr�
Je veux que tu sois bien
Du bout rose de tes seins
Jusqu�au creux de tes reins

T�emplir de ma semence
Pour combler tous tes sens
Que sur le bout des doigts
Je connaisse les voies
Qui te m�nent au plaisir
Pour toujours te s�duire
Jusqu�au bout te faire jouir

Je veux voir les frissons
Courir sur ta toison
Et toujours faire mouche
Quand je pose ma bouche
Tout pr�s de l�oasis
Renfermant tes d�lices
Aux parfums de pr�mices

Etre doux, �tre fort
Pour partager nos corps
Vers de nouveaux voyages
Au-del� des nuages
Au gr� de nos envies
Empli d�une �nergie
Pour t�aimer sans r�pit

LAURENT QUENNEHEN (Bulgarie)


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LE GOUT D�AIMER

Le go�t de t�aimer, d�aimer ton go�t
Quand ma langue t�envisage, je suis saoul
De tes saveurs juteuses qui m�enivrent
Tes l�vres humides semblent revivre
Chaque instant de passion, de magie
De soupirs, de larmes et de cris
Telle une fleur qui s�ouvre � ma passion
Tu t�abandonnes � moi sans raison
Je t�aspire et je bois chaque goutte
De ton musc qui m�inonde de doutes
Mon palais retient le souvenir
Du go�t sucr� de notre avenir.

JEAN MICHEL SAMAT

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LE PERPETUEL PLAISIR DU BOULON

Fougueux et lisse avec sa t�te hexagonale
Encr�e sur sa longue tige �tincelante d�acier
La vis gourmande en fervent carnassier
Avec la duret� de son fin filetage en spirale
Serre et retient � l�infini la belle mati�re
Seul plaisir unique du fertile assemblage
O� glisse au festin la divine rondelle famili�re
Pour s�unir � l��crou diabolique du rouage . . .

Seuls au tournant de la vie les objets dessin�s
Par tant d�hommes inconnus s�accouplent le jour
Pour l��ternit� des projets sans v�ritable amour . . .
A la diff�rence de toutes nos �tranges destin�es
Qui s��vaporent l�espace d�une trop courte nuit
Pour fuir les vacarmes du monde o� l�on s�ennuie . . .

ARTHUR EVER (Angleterre)

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SAKOUNTALA

Le sakountala s�abandonne
A l�amour de Camille
Ses doigts troublants
Le prennent au n�ant

Il l�entoure
De ses bras velours
Sur lui elle s�incline
Toute en gr�ce c�line

Un souffle d�amour absolu
Habille leurs �motions nues

Instant suspendu

A la tendresse
De ces amants
A leurs caresses
Hors du temps

Bronze vivant
Ou songe captivant ?

De r�ponse point
Juste le c�ur �treint �

ODETTE POTTIEZ (France



   Septembre 2006



TA MAIN

Ta main qui caresse
Ta main qui donne
Ta main dans le train
Ta main d'homme

Ta main fredonne
Ta main tâtonne
Ta main s'étonne
Ta main monotone

Ta main qui oblige
Et qui se fige

Ta main entre mes cuisses
Ta main qui commande
Ta main qui bande
Ta main gourmande
Ta main impatiente.

Ta main qui veut
Celle qui ne veut plus.

Ta main qui me retourne
Ta main qui rectifie
Ta main qui écarte mes fesses
Ta main qui confesse

Ta main guide ton sexe

Ta main pleine de sperme
Ta main sur ma joue
Ta main sur mon cou
Ta main sur mon épaule

Ta main qui m'emprisonne
Ta main polissonne
Ta main qui condamne
Ta main sur mes yeux

Ta main le jour
Ta main la nuit
Ta main du soir
Et ta main du matin

Ta main m'étouffe
Ta main me tient
Ta main retient
Mon sein dans ta main.

JANE TULIPE (Suisse)
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BULLES

Sans exigence de conciliabules
Fuyant fières le précieux vestibule
S'échappant du fin fond de l'abside
Coulant le long de cuisses humides
Du désir mystiques funambules
A la saveur exquise ces bulles
Enivrantes, brûlantes et fluides
Sources vaporeuses et liquides
Transforment la glace en canicule
Et convertissent les incrédules
Fabuleux aventuriers splendides
D'une épopée toujours plus torride
Et puis délaissée la somnambule
S'éloigne dans le crépuscule
Intrépide lucide languide
Dans l'orage violent et limpide

AUDE ROUMEGOUX (Virginie USA)

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PORTRAIT D'AMANTS A LA LUMIERE ROSE

Allongés côte à côte à la lueur rosée
Des lumignons posés autour de notre lit
Nous nous tenons la main ; tu es nue, tu souris,
Tes yeux ne me voient pas, ils sont encore voilés.

Les parfums se dégagent de nos corps repus,
Amollis et liquides, ruisselants de sueur,
Sur le dos pour le compte après un dur labeur.
Les gestes des amoureux, qui nous ont vaincus

Nous aimons tant les faire et les refaire ici,
Dans la lueur câline de notre chambre ;
J’y contemple le flot de tes cheveux d’ambre,
Puis j’y plonge les mains, je les y engloutis.

Pour mieux te caresser mes mains glissent alors
Dans ton dos, où je trouve vite le moyen
De faire tomber ta robe jusqu’à tes reins ;
Ta peau, diaphane et souple te lie à ceux du nord.

Nos lèvres se rejoignent, dansent le doux ballet
Des oiseaux amoureux qui se suivent là-haut
En chantant leur bonheur ; nos langues bientôt
Se prennent au jeu des caresses endiablées.

Ta robe à tes pieds, tu ne portes rien
Que lingerie d’été, et le pendentif vert
Assorti à tes yeux et que je t’ai offert
Il y a quelques mois ; il niche entre tes seins.

Ma chemise est tombée, tu l’as ouverte en grand
Puis m’en as libéré, me caressant les bras.
M’invitant à m’asseoir, tu écartes les draps.
A ta gorge je sais que va monter le sang

De même qu’il engorge le temple mouillé
Où mon nez, et mes lèvres et ma langue s’enivrent,
Où ma verge durcie par le désir se livre
A la joie indicible, immense, inégalée.

Mes mains t’ont mise à nu, et tu m’as découvert ;
Nos corps sont sans entraves, ils laissent libre cours
A leurs instincts profonds ; nul besoin du secours
De quelconques objets : doigts et bouches s’affairent.

Je caresse ton sexe trempé de la rosée
- Parfumée et goûtée, mer et forêt qu’on lie,
C’est l’Argoat et l’Armor en une essence unis –
Que l’excitation y a fait transsuder

Pendant que de tes mains tu flattes et ma hampe
Et mes bourses gonflées de t’avoir tant voulue.
Nous geignons de concert, cela ne suffit plus !
Nous glissons tête-bêche à la lueur des lampes.

Tu me chevauches et prends ma queue entre tes lèvres,
Je suce doucement ton vermeil clitoris,
Je fais tourner ma langue en ton fourreau – délice ! –
Ce qui ajoute encore, sur mon membre, à ta fièvre :

Tu redoubles d’ardeur mais gardes ton savoir-faire !
Tu m’aspires en rythme avec mes lapements :
Tu excites mon frein et lèches lentement
Le pourtour de mon gland ; soudain, tu accélères

Et ajoutes à la bouche le mouvement des mains
Pendant que je me fais plus précis à mon tour.
C’est ainsi que s’écoulent les sucs de notre amour
Sur nos langues, en nos gorges ; et nous crions enfin.

Le moment est venu du grand embrasement :
Ma verge est dure encore et ta vulve palpite.
Tu m’attires plus près et, des mains, tu m’incites,
A pénétrer en toi, à te prendre vraiment.

Tu replies les genoux ; tes pieds posés à plat
Te donnent un appui pour jeter ton bassin
Vers la tige de chair que meut mon coup de reins.
Mon sexe incandescent dans ton sexe incarnat

Est caressé, caresse, ne sait plus où il est.
Tant de douceur liquide ! Tant de lave brûlante !
Et les mots que tu as, très crus, et qui m’enchantent :
Tes râles de plaisir en sont entrecoupés.

Cela dure des heures, il me semble du moins…
Tes chevilles sont jointes derrière mon dos
Tu me laisses choisir : je barre le bateau
Sur les flots du plaisir qui nous mènent si loin.

Après tes tremblements, et des cris plus puissants,
Ta respiration ralentit ; je jouis
En toi, puis je ressors ; le parfum de mon vit
Et de ta vulve, heureux, s’élève en embaumant.

Allongés côte à côte à la lueur rosée
Des lumignons posés autour de notre lit
Nous nous tenons la main ; tu es nue, tu souris,
Tes yeux ne me voient pas, ils sont encore voilés.

THOMAS DESLYPPER (France)
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MOMENT D' EXTASE

Me penchant sur ta bouche, ma chérie, je brûle d'une envie dévorante
De t'accabler de patins, mordiller ta peau en se frottant
Dans un congrès intime de deux corps nus où l'on se confond,
Emportés voluptueusement dans un élan lascif et polisson.

Tes seins sur ma poitrine, ton ventre sur mon vit,
Tu m'enivres en accélérant le rythme de nos coeurs unis.
Les yeux clos, le souffle retenu,tu t'allonges les jambes écartées;
Empoignant mon dos,tu enfonces brutalement mon sexe
Dans ta fente réchauffée.

La boîte a ouvrage est là ,elle attend le bateau charnel qui arrive
En fendant les flots de l'amour au bord de la nymphe.
Alors ennuis,chagrins,douleurs,et complexes
Tout se disparaît au moment d'extase comme par réflexe.

Le jet de foutre qui arrose ta chatte
Te remplit d'orgasme ressemblant a une pariade
Avec des effusions d'une soirée amoureuse
Ou nous nous unissons dans une danse folle et joyeuse

THE HUNG LAN (Vietnam)
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SUEURS FAUVES

Tes auréoles noires appellent mon regard.
Mes mains suivent le dessin de tes seins.
Ta jupe flirte déjà avec le rien.
Et voilà que tu t’entêtes à tout me montrer.
Le triangle de dentelles qui prétend cacher
Le dernier reste de ta nudité retrouve très vite
Le chemisier, la ceinture et les bas, à mes pieds.

Entièrement nue près de moi, tu m’offres
Maintenant le plus beau des tourments.
Les vagues du plaisir remontent encore
Avec des soupirs rauques venant du Ponant
La fin de nos mains se lie dans un bouquet
Changeant.
Les soupirs sont devenus des râles de fauves
Je bois la sueur de tes seins
Tu t’abandonnes enfin.

SERGE FLO (France)
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ÉPICURIEN

Je cajole ta peau dans l’ivresse de tes désirs.
A tes moindres soubresauts, je comble tes envies.
Tu es mon amour de chair dans l’humble volupté.
Tes baisers chaleureux parcourent ma toile frivole.
La jouissance de tes mots égaie mon esprit avide.
Je rigole de tes pensées agréables, tu es sublime!
L’alcôve secrète s’épanouit face à nos actions.
Corps brûlant, je savoure ta présence divine.
Un vent léger m’apporte la plénitude argente.
Tes cheveux d’or, douceur, une soie tangible.
Notre nudité sourit à ce délice parfumé.
Je suis au pinacle jouissif, merveilleuse Ébène!
La nuit apaise nos esprits adorables, sensuels.
Le silence, l’union parfaite en regard d’une longue vie…


ANDRÉ LABROSSE (Québec)
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SUR LE MONT DE VENUS

Sur le mont de Vénus,
se laisser charmer par une voix.
Elle me susurre, elle organise mes sens, elle souffle.
« Viens, je suis là. Retourne-toi ».

Sur le mont de Vénus, je me retourne
et je ne vois que le vide.
Une forêt touffue, deux jambes écartées et le gouffre,
cet appel splendide, ce cri voluptueux,
cet avide horizon au cœur de son sexe.
« Jean, je t’attends, viens en moi ».

Sur le mont de Vénus,
je me laisse charmer par sa voix.
Je n’existe plus que par le bout de mes doigts.
Ils se posent, ils hésitent, ils caressent, ils tremblent.

Il y a cette chaleur, il y a cette douceur,
il y a de la moiteur aussi et ses mouvements,
sa rondeur, sa candeur et son regard pénétrant.

Sur le mont de Vénus, le silence s’est imposé,
impétueux, fougueux comme la lame de mon désir,
que je brandis sans retenue,
gaillardement dressé à l’appel de l’Amour.

Ce cœur palpitant, rouge passionnément
et suave comme l’odeur de sa peau.
Je lèche, je savoure,
j’hume le goût des fraises et la blancheur du lys,
comme à l’aube de mon premier baiser,
je m’enivre de nos vibrations à l’unisson,
cette chevauchée sauvage d’une nuit sans lune.

Est-elle tigresse, louve ou boa ?
La femme que je tiens entre mes jambes, se débat
et me griffe, me mord et m’embrasse.
Je vais en elle, comme roule la vague dans la mer.
Elle me porte, elle m’emporte,
je déborde et me brise
comme l’écume d’une éternelle marée.

Sur le mont de Vénus, j’ai entendu sa voix,
j’ai déposé mon cœur à l’orée d’un bois
et je lui ai dit : « je t’aime ».

ORCHYDIA CÉ (Suisse)





   Août 2006



ACCORD A CORPS...

Sentiments qui s'en mêlent, s'emmêlent
Proche, approche
Double croche diligente nos pensées caduques
Sans anicroche

Ostensiblement troublé par tes formes oboles
Devine, divine
Pureté des lignes de tes courbes intrigantes
Accorte câline

Regards gourmands nous plongent en songes
Porte, transporte
Exquise escorte d'un coeur qui naît au ventre
Plus rien n'importe

S'oublier dans la nuit inhibée, nimbée de toi
Dors adore
Quête au trésor de tes pulsations lointaines
Troublant accord

CHRISTOPHE BOEBION

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COMME UN BONBON SUCRE (MES FEMINITES 2)

Comme un bonbon sucré
je fonds sous ton étoffe
de coton
de satin
de soie
que sais-je ?

Que fais-je ?

Rien

je ne fais rien
et je me laisse aimer.

MAX HERON

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EVEIL D’UN SIXIEME SENS

Les volets sont à peine clos,
le jour est encore curieux et se faufile
seul le souffle de vos baisers trouble l'air

d'un mouvement lent
elle vous déshabille, et déploie ses envies..
Plus un mot, plus un geste,
vos mains sont enlacées à des rubans de soie
votre regard s'anime, s'étonne

elle fait glisser sa robe sur ses épaules
offrant à vos yeux
sa poitrine gainée de noir
immobile, le temps pour vous de plonger dans le parfum de sa peau
ses seins frôlent vos lèvres,
de ses mains libres
elle a capturé vos yeux sous un foulard..
Il fait sombre

votre corps est à la merci de ses désirs
de ses envies endormies
qu'elle va éveillé en voyage plaisir
sur chaque parcelle de votre peau

elle a en son pouvoir les cinq sens
et ne vous laisse que l'écoute
de ses vêtements qui ont quittés sa peau
et vos soupirs pour guider sa course folle et douce
qui commence...

A vous de faire de vos sens liés
un sixième sens de plaisir...

NATHALIE RACINE

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QUATRE-VINGT-SEIZE

Je dormais, le visage enfoui dans quelque rêve ;
De côté ; le bras gauche en guise d'oreiller,
L'autre perdu derrière ; un genou replié ;
Puis au creux de la main j'ai reçu comme un glaive.

Réflexe naturel ? Instinct de bonne élève ?
Mes doigts l'ont aussitôt retenu prisonnier.
Si ma paume d'abord l'enserrait tout entier,
Voilà que par à-coups il se gorge de sève,

Et s'enfle, et se raidit… Je l'empoigne plus fort,
Rien n'y fait, entre pouce et index il ressort.
Quant au poing qui l'étrangle, il me tire la langue !

Dans sa gangue, à présent, tel un lièvre au collet,
Le dard recule, en vain, s'affole ! Mon lit tangue…
L'instant d'après je dors. On vient d'éjaculer.

LOISE MARGENCY

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SECRETS DE BOUCHE

La bouche ouverte chante le là
C’est que ce ah ! De sabbat
Abat le célibat avec éclat
De combat le branle-bas

La bouche ouverte s’étonne là-haut
D’un sanglot du flot aussitôt
Chaud le brûlot sur son dos
Du désir je suis le matelot

Et ta bouche ouverte reconnaît qu’elle jouit
La musique qui s’enfuit toute ouïe
De lui la cause amie d’une nuit
Je ne nie sauf ce qui me nuit

Et ta bouche ouverte vers moi se rue
Veux-tu bien me, demandes-tu
Chahut de Belzébuth en veux-tu
En voilà le début d’une tribu

Sa bouche ouverte associe les voyelles
Où je contemple les ailes d’elles
Oiselles aiguillonnent la femelle
Et le mâle, m’ensorcelle de plus belle

JEAN-CHRISTOPHE GRELLETY

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VOYAGE FEMININ

L’instant d’un hasard et je partais pour les Pôles,
Mes mains naviguaient sur les flancs de ton épaule,
Je franchissais le Nil et bien d’autres desseins
A cheval sur les mers niché entre tes seins.

Cahin-caha le vent cahotant des savanes
Endormait mon voyage au gré des caravanes,
J’ai passé l’équateur, flambé la Toison d’or
Au creux de tes moiteurs comme mille trésors.

Vagabond Capricorne en descendant le Sud,
Sur tes cuisses lactées je peignais l’odyssée
Sans cesse créant de nouvelles latitudes,

Mais quand le temps se gâte et glace à contre-poil,
Quand je me brûle enfin aux branches des étoiles ;
Je reviens sur Terre en boire l’éternité.

PHILIPPE MARGUET

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MARYAM OTANT SES FARDS

J’avais rendu visite, un bon soir de septembre
A mon vieux professeur de musique de chambre
Cherchant a travailler sur quelques partitions
Dont les notes rebelles échappaient a mes dons
Il me servit un verre d’une potion magique
(Un whisky bien rangé, parmi d’autres reliques)
Nous bûmes et rebûmes au gré de ce solfège
Et tournoyait en moi l’évanescent arpège
Je suppliais au vieux le chemin des toilettes
Il me montra du doigt derrière une sellette
Un escalier étroit découpé dans la roche
Eclairé tristement d’une lampe de poche
Je m’élançais ainsi dans les hauteurs sombres
Où deux portes entrouvertes défiaient la pénombre
Je poussais la première, porté par sa musique
Le corps ankylosé, presque paralytique :
Maryam ôtant ses fards et sa robe de nuit
Réchauffait son bas ventre au pilier du vieux lit
Ses fesses offertes a moi imploraient à mes sens
Un va et vient profond, gorgé d’exquise essence
Tandis qu’elle élimait sa toison au pilier
Une expiration chaude jaillit sur l’oreiller
J’approchais doucement, elle ne me perçut pas
Faisant glisser a terre slip et bermuda
J’enserrai de ma main ce phalle colossal
Le guidais lentement vers la fente animale
Enfournant bien au fond de ce brasier d airelles
Elle agitait ses seins, joyeuse jouvencelle
En un instant surprise, elle esquissa le cri
Et vite contenté, tant elle avait le pli…
Elle tourna enfin, vers moi ses yeux d’agate
Instant bercé d’effroi, pauvre petite chatte
Je la priais de taire ce rendez vous des corps
Avant de disparaître a l’odieux corridor
Dévalant l’escalier qui menait au salon
Je ratais une marche et brisai mon talon
Couru a mon secours le bon père de Maryam
Otant mon bermuda, à la lueur des flammes
Essuya mon talon caressa ma douleur
Et mon front ruisselant d’une odieuse sueur
Le bon vieux se taisait, mais son œil en torture
Semblait vouloir creuser ma profonde blessure
Et tout dans ce silence trahissait le secret
De cette vierge folle qui la haut m attendais…

MARIE-PAULE ASSELAIN



   Juillet 2006



FIÈVRE
Je délire
Lorsque tu abandonnes à mes yeux espérant
Des esquisses de ton corps superbe
Qui assouviraient mes plus forts goûts

Je gronde
Meurtrie de l'interdit
De tes gestes inspirés

Tu es redoutable
En me terrassant de tes mouvements d'homme
Libère, je t'en prie
Mes orgasmes de cette multitude charnelle

Seulement
Tu me nourris à la fois
De l'Éden et de l'Enfer

Fièvre délirante... déviante... déroutante

JENNIE VENNE(Québec)
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L’ORIFLAMME

UNE ORIFLAMME

La toison rougeoyante parsemée
de pierres bleues
d’épines sanglantes.
Fendue verticalement
elle se dresse à l’horizon
appelle le guerrier
lui fait courber la tête
jouit de sa force de bête
et le laisse pantois.
Dans l’ombre des charniers
Des vallons bouleversés
Des ferrailles étalées.
Seul l’homme peut ainsi se courber.

CHRISTIAN CAZALS

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LA NUIT DES AMANTS

Ne pleures pas mon ange, mon amour, ma colombe,
Goûtes à ma bouche, prends mes mains,
Couches toi là, ici tout près
Je t’inonde de mes fleuves de caresses,
Je te submerge par mes mers de douceurs

Viens ici mon amant, mon sacripant organique
Dévêts-toi tandis que je me découvre
Serres-moi auprès de toi, douce étreinte
La saison de ton plaisir m’est suave

Je m’allonge et je me recouvre de ton corps
Nos sueurs, nos chaleurs, nos chairs
Rien d’autre que de la venaison
Délectable et câline est ta peau humide

La nuit est un soleil de fièvre
Nos ébats amoureux et entichés
Que cet instant féerique s’arrête !
Volupté et cette jouissance débauchante

L’orgasme démarre telle une trombe
De toi, tout mon corps est empreint.
Tes deux grands majeurs sur mon poitrail
Le parfum de ta chair se reverse dans mes entrailles

Mon avaloir plein de ta tiède écume
Où ta langue jouisseuse se promène
Et où mes paumées se perdent sur tes demi-lunes
Combien de temps encore, durera cette sorgue

Ce bonheur a la finesse extatique et érotique
Une nuit donc, ne suffira pas pour aviver nos sens
Le matin viendra toujours que trop tôt
Où le lit se rappellera de nos frais agréments

BRUNO FEVRIER

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EMOIS...

Rêves érotiques, profondeur des sens,
Si...Vivants...si intenses.
Je ne vois pas ton visage,
Successions d'images,
Toutes plus excitantes,
Me laissant dans l'attente.
Frissons partagés,
Sous ce soleil brûlant d'été.
Tribu où règne l'interdit,
L'indifférence et la soif de l'inassouvi.
Dépassant mes lois,
Je n’appartiens plus qu'à toi.
Caresses indécentes,
Cambrée vers toi, je deviens consentante.
Sauvagerie des mots,
Lacérant mon esprit comme un couteau,
Refusant la fin de ce désir,
Contre moi je te retiens, je t'attire.
A l'instant ultime, où tes lèvres me caresse,
Mes yeux s’ouvrent sur un air de tristesse.
Tu n'es pas là, tu ne l'as jamais été,
Mais je me souviendrai de ce rêve d'été.
Mes mains timidement, se sont mises à chercher,
Ce que tu n'as pu posséder.

VALERIE VIOLLAND

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BLESSURE DIVINE

Une nuit délicate, juste vêtue d'un voile
Etalant sur ta couche une pâleur divine
Aux accents délicieux de ta douce cyprine
Et les deux seins pointés au fort de leurs étoiles

Je m'accroupis ainsi, a l'ombre de tes cuisses
Et lapais doucement ce nectar insensé,
En entraînant mes doigts au fond de ce brasier
Pour y trouver la clef de ton doux clitoris

Je remontais ainsi ma langue jusqu'aux cols
Vers ces boutons joufflus, ces palais vermillons
Fouissant dans ton gosier mon phalle en surrection
Fouissant, fouissant toujours en une danse folle

Jusqu’à l’ivresse exquise ou tes lèvres trop douces
Refermèrent a jamais sur mon membre blessé
Avalant à grand peine le foutre lessivé
Dont il ne reste plus qu'une vulgaire mousse.

MARIE-PAULE ASSELAIN

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LA FEMME AUX TROIS VISAGES

En mère je viens à vous, velouté je veux être
Au creux de mon épaule vous voulez disparaître
La douceur de mes seins vous voulez ressentir
Dans le creux de mes reins vous voulez vous blottir

La mère de toute la terre je pourrais devenir
Protéger mes enfants, qu'ils n'aient pas à souffrir
Mais aussi leur apprendre à répandre le bien
Produire assez de lait pour leur donner le sein

Une amante pour vous, à présent je peux être
Assouvir vos désirs, descendre votre braguette
Entreprendre avec vous le voyage de l'extase
Par dessus, par dessous, chercher à être en phase

L'amante je peux être de toute l'humanité
La plus sale petite garce que le monde ait porté
Fleureter de l'un à l'autre ou le faire à plusieurs
Leur donner du plaisir, leur arracher le cœur

Petite fille je me sens, j'ai besoin de vos bras
Tant besoin de sentir que vous êtes contre moi
Vous allez sagement, d'un doigté délicat
Nourrir avec pudeur mon tendre petit chat.

Enfant de la planète, protégez-moi du pire
Des plaisirs des sens vous devrez me nourrir
J'apporterai à tous pureté, innocence
Amour, espoir et rêve, paix, courage et confiance.

MARIE-PIERRE DEMON


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IVRESSE

Je connais la douceur d’une main qui me touche,
Des lèvres, d’une bouche
Et d’un sexe enivré qui me prend sur la couche

Je connais ces plaisirs, voluptés délicieuses
Où d’ingénue lascive, je deviens audacieuse
Promesse sensuelle dans la nuit silencieuse

Et je connais la fièvre quand à mon corps arqué
De savantes caresses à mon corps extasié
Un désir ineffable me laisse, émerveillée

Je connais les réponses à toutes ces caresses
Et j’oublie la raison et j’oublie la sagesse
Contre lui je me presse

Je réponds à l’appel, je cherche ses soupirs
Sous mes doigts il chavire
Ma bouche aux baisers chauds fait monter son plaisir

Nos corps pâmés d’effroi, embrasés par nos sens
S’unissent en cadence
Forcent l’inaccessible d’une extrême jouissance

Aux rythmes endiablés
Cèdent bientôt des spasmes à nos corps propulsés
A nos corps repus de l’ivresse partagée

Le souffle ralenti, une larme à mes yeux,
Perle abandonnée, signe tel un aveu
Le plaisir partagé

Dans le parfum musqué
Nos deux corps alanguis savourent l’instant passé
Emportant nos esprits dans des rêves enflammés.

HELENE LACHENMAIER






   Juin 2006



DE LA FANTAISIE SOUS LA TABLE !

A la bonne heure, elle était venue !
Dans ce palace où je l’invitais.
Avec candeur et sans retenue,
Tout en prenant place elle se pâmait. . .

A la belle faveur de ses charmes,
Libérés des beautés qu’ils dévoilaient,
Avec grand honneur, toutes mes armes
Dignes de séduire la convoitaient . . .

A la ferveur de nos doux regards,
Qui très discrètement se croisaient,
Avec bonheur ses longues jambes
Tout en souplesse se décroisaient . . .

A la blancheur de son corsage,
Remplit des atouts qu’il contenait,
Avec la rondeur de ses seins sages,
Mes tendres desseins la désiraient . . .

A la douceur de ses bas résilles,
Le plat de mon pied indiscret glissait,
Avec splendeur, comme une jonquille
Les pétales de son visage brillaient . . .

A la chaleur du creux soyeux
De ses cuisses, je remarquais
Avec valeur les éclats précieux,
Que son sourire divin révélait . . .

A la moiteur du nectar offert,
Mes orteils curieux l’apprivoisaient . . .
Avec la lueur de ses yeux verts
Qui secrètement me réclamaient . . .

A la fleur d’amour si délectable
Du fin plaisir qui s’exprimait . . .
Avec cette fantaisie sous la table,
Je ressentais qu’elle m’envisageait . . .

Aux mœurs coquins de ce repas,
Qui tout en soupirs s’achevait,
Avec grandeur enfin elle se levait,
M’indiquant, où elle se dirigeait . . .

OLIVIER MENARD

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REVE BAUDELAIRIEN

Etendu dans les draps du céleste soyeux
Et joyeux égaré du traversin de plume,
Voyageant sur le dos d’un albatros, j’écume
Des liquides amers les pollens liquoreux ;

Par bien des détritus que l’horizon terreux
Avait pu déposer sur l’onduleux volume,
Je me plais à savoir, d’une fleur qui exhume,
Luxes et coloris d’un benthos sulfureux.

Ô Profanation ! J’aime la nudité…
Je bois, vinifié, au précieux calice
En rosée finement l’humaine fausseté.

Mes lèvres au nectar sous la voûte du vice,
Je jouis divinement d’avoir percé la lice
Et pénétré un lieux de pudeur charpenté.

SEBASTIEN LHERITIER

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RESSUSCITÉE !

De ma bouche je veux embrasser la tienne;
muscler mes lèvres vierges pour mieux goûter à la pulpe de ton sourire.
M’approcher et puis mordiller len-te-ment… encore plus l-e-n-t-e-m-e-n-t…
Lécher tes liquoreuses lèvres, tendrement.
Frémir mais me retenir et –au compte goutte– te séduire.
M’imbiber de ton sourire rouge pourpre…fatal !

Tu zigzaguais sur ta bicyclette quand nos regards se sont croisés…
La tête tournée, tu as presque perdu le pied.
Nos âmes se sont alors enlacées. Ce fut; instantané.
Le cœur en alerte, j’ai laissé tomber ma mallette
et au passage arraché ta nuque, te freinant sûrement dans ta chute.
Mon bassin frénétique appelait nos deux êtres –magnétiques !

Mais où allais-tu donc avant ce bouleversement
que tous deux désirions ardemment?
Par ton regard diaphane, rempli d’une vie ailleurs profane,
je me suis laissée pénétrer et à ma pureté, je t’ai invité.
Depuis, je veux mon cœur se perdre dans tes bras
juste une seconde … juste… une, se…Conde de cette éternité féconde.

Dès ce premier regard, nos âmes avaient fait l’amour.
Ne restait plus qu’à y plonger tout entier… au soleil plein jour
afin que ne s’évanouisse pas ce mystérieux et jouissif état.
Alimenter ce feu et dégeler la rivière –de l'hiver glacé.
En toi me baigner d’émoi, simplement, sur la rue dans tes bras.
Je veux m’avancer et croquer ta bouche d’homme mûr –c’est cela.

Goûter à ton juteux baisé et…franchir le point du non-retour.
Avoir envie de te dévorer vivant, tant de toi mon corps est vibrant.
Mais ! Résister, juste un peu encore… rester là, ta tête entre mes mains
ma langue glissant sur la tienne, ta salive pour ultime essor.

Mon corps cédant au chant de ma vulve en fête, pour un moment…

J’en mouillai ma petite culotte mais en silence, continuai la danse;
de mon sourire contre le tien, de ta nuque chaude entre mes mains…
Discrètement s’abandonner à cette lascive cadence
Mes yeux désireux pénétrant ton regard intense.

Une dernière fois avant le retour chez soi,
de ma bouche embrasser la tienne;
muscler mes lèvres vierges pour mieux goûter à la pulpe de ton sourire.
M’approcher et puis mordiller len-te-ment… encore plus l-e-n-t-e-m-e-n-t…
Lécher tes liquoreuses lèvres, tendrement
M’abreuver de ton sourire rouge pourpre…fatal !

J’ai repris ma mallette, toi ton chemin…
Tous deux désormais complices de ce malicieux et interdit délice.
Sur ta bicyclette tu es reparti; le cœur léger, l’âme chavirée…
En moi pour toute lueur, cette vieille blessure ravivée
Lucide réveil –besoin d’amour, l’amour au vent, désir brûlant.
La femme Eros, la femme de sang.

Ressuscitée !

CAROLINE LEGAULT
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SOUVERAIN DE SON COEUR


Alors qu'au dehors tombait de blancs flocons
A la lueur d'une bougie, je contemplais la belle
Etendue, de son corps nu dévoilant les vallons
La bouche offerte, de moi éprise, à moi fidèle
Souverain de son coeur
Et, laissant glisser mes doigts sur sa poitrine
Lentement en son sein s'écoulait ma tristesse
Mêlant mes sanglots à la neige cristalline
Je saisissait en mes bras ma douce maîtresse,
Souverain de son coeur
Et les yeux clos, sa bouche à la mienne accouplée
M'attirant à elle, contre son bassin recourbé,
Désireuse et empressée, Aphrodite parfumée,
J'oubliais en son être, ma funeste destinée...

VINCENT LARRAMENDY

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LEÇON DE MUSIQUE

Un petit puceau
une jeune pucelle
s'aimait d'amour tendre
mais comment s'y prendre
quand on est jeûnot.
-belle demoiselle
vos dessous de dentelles
cachent au damoiseau
des trésors inconnus.
-joli petit poulbot
si tu me veux nue
ouvre donc ta cage,
laisse sortir l'oiseau
et me séduire à son ramage,
montre moi petit page
comme l'on joue du pipeau.
ma jolie pucelle
l'art de la flûte,un plaisir
en votre bouche si belle,
demande souffle et désir.
otez ma belle votre plumage,
si vous voulez de cette partition
en connaître toutes les pages.
-dis moi, ma participation
à cette leçon de musique
nécessite quelques retouches
sur ma nudité,moi, si pudique,
je veux bien que tu me couche
et en mes lèvres jouir
jusqu'au petit jour.

JACQUES MICHEL

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C’EST LEUR TOUTE PREMIERE FOIS…

Quand il lui fait l’amour
Ses mains se font velours
Son corps se fait si tendre
Sa bouche se fait gourmande
Et il se fait abeille
Par un jour de soleil
Butinant une fleur
Délice de douceur
Elle est telle cette fleur
Qui s’ouvre dans la chaleur
Enivrée de soleil
Grisée de ses merveilles
Ardente, épanouie
Fleur du paradis
Qui donne ses saveurs
Ses parfumées senteurs
Ils se font feu ardant
Amour au firmament
Emportés de caresses
De volupté tendresse
Enlacés de passion
Atteignant l'émotion
Jusqu'au bout de leur âme
Embrasés de leur flamme
C’est leur toute première fois…

HELENE LACHENMAIER

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MERCI POUR TES SEINS ET POUR TOUS LES AUTRES
ET POUR TOUTES CELLES QUI LES PORTENT


Seins
Gorges ceintes
Saintes gorges
Seins gorgés de sucre d'orge
Seins gonflés qui se rengorgent
Saints priant les soutien gorges
Derniers remparts de la chair
Sanctuaire de prosélytes
Dont nuls ne s’échappent
Prison des frissons
Refuge et maintien pour la forme
Masques sans yeux pour sourds-muets intarissables
Instruments interdits pour musiques interdites
Fruits seins de nos illusions
Les premières gouttes de lait goûterons ici
Là le secret trouve asile même tombé en disgrâce
Exposées vulnérables
Ces formes jamais définitives
Sont gardées comme dans une armoire
Remplie de cotons et de voiles
Embaumées d’odeurs de femmes
Toute la sphéricité du monde
Concentrée dans ces creusets
Indubitable réalité matérielle
Et miroirs fantasmatiques
Qu'elles exhibent à la manière des médailles
Mais de celles qu'on méritent
Pour toujours tendres doux apaisants
Aperçus entre deux boutons déjà trop serrés
Dans un soutien encore adolescent
Ou nus cachés derrière un pull bleu en cachemire
Ou un T-shirt presque transparent
Tremblants légèrement
Pointés vers un ciel ombrageux
Vers des mains invisibles
On les devine si bien qu'on les voit
Qu'on les touche de loin
Et quand ce n'est plus l'été
Si cachés si enclos si enfouis
Qu’il faut du courage ou de l’imagination
On devine des frissons on devine des désirs
On ne comprend pas
Figure de prouesse fendant les regards
On s’écarte d’eux avec douceur
Comme on le fait pour des somnambules
Ils sont la réalité éternelle et enviée
De nos différences
Certains sont pleins de vie et de douleur
D’autres pleins de larmes et de passion
Sautillants malléables imprévus
Rarement domestiqués ou siliclonés
Car ils perdraient leur nature même
L’ombre de loin la plus profonde
Se trouve au cœur des décolletés
Elle marque la frontière avec elles
La blancheur de certains éblouit
Et la nuit comme la lune ils se voient de loin
Ils tombent aussi avec aisance
Quand elles se penchent pour ramasser
D’autres fruits tombés à terre
Soupirants entre-eux dans une trouble émotion
Surtout s’ils sont honnêtes
Se soulevant et s'attirant aux très aimants
Ils s’amollissent comme la cire
Aux heures ardentes du soleil
Mais rien n’est plus sincère que ceux des baigneuses
Quand ils frémissent leurs rondeurs s’arrondissent
Quand la réalité les dépasse ils redeviennent eux-mêmes
Neutres et indifférents apaisant même les plus durs
Célestes et primordiaux
Leur raison première est l’émotion
Leur seconde l'opposition
L'ultime l'union
Provoquant l’étonnement émerveillé
Des garçons mais surtout des fillettes
Naturalité palpitante de la jeunesse
Idéale fermeté immatérielle imaginée jusqu’au délire
Toujours en apesanteur
Partagés et multiples
Pièces détachées de toute pudeur débordante
Démonstration de l’évidence et de l’éclat de l’éphémère
Sublimation du volume et de l’intervalle parfait
Proéminents à l’abordage mais sans rancœur
Nous ne les verrons plus quand nous serons morts
Les squelettes n’en ont pas
Il ne faut donc jamais baisser les yeux devant eux
Même s’ils semblent inaccessibles et brûlants
Sinon on rend gorge
Et tout au bout
On devient flou

ANDRE CAYREL





   Mai 2006



EMBARQUEMENT POUR CYTHERE

Bien souvent j'imagine, que je vais voyager
Au delà des mers et ses flots tourmentés
J’aborde enfin la côte, où m’attend un miracle
Puisque je t’y retrouve et je monte au pinacle

Tu me prends par la main, et nous voilà partis
Pour moi c’est l’inconnu, pour toi ton Pays
Ta vie de tous les jours, est pour moi découverte
Cette grande maison et sa pelouse verte…

On s’y glisse en fantômes, même pas tourmentés
Dans une grande chambre en toute intimité
Vite on se déshabille, on s’enlace, on s’embrasse
Les mains à l’aventure rien ne nous embarrasse

Tu chuchotes déjà : Toi ! Enfin tu es là…
Et ce n’est plus un rêve tu me tiens dans tes bras
Je ne sais que répondre : J’aurais donné ma vie
Pour cette intimité dont tu te dis ravie !

Monte en nous le désir, tout est déjà plaisir
Sous ma main j’ai ton sein et j’entends ton soupir
Car déjà sous ma paume un tétin rond frissonne
Au creux de mon oreille, tu te fais polissonne

Piano à quatre mains, points sensibles à trouver
Des bouches qui s’activent sur des corps inversés
Les longs frémissements d’une peau chaude et douce
Puis c’est la découverte d’une fleur dans la mousse

Je suis le papillon, posé sur ton bouton
Une langue qui s’active, te tire de longs frissons
Des lèvres amoureuses ont aspiré mon sexe
Nous voilà en transit vers un plaisir complexe

Sans même se concerter à nouveau retournés
Missionnaire de l’amour sur ton corps crucifié
Tes reins tu as cambré, ainsi mieux pénétrée
Mes va et vient puissants buttent sur ton entrée…

J’émets des borborygmes et toi c’est des soupirs
Vient un plaisir montant que je veux retenir
Pour te donner le temps d’une secousse ultime
Avant de t’inonder de mon extase sublime !

JAN GOURE
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PRIERE PAÏENNE

A genoux, ta prière est païenne
" Que ma jouissance vienne "

Tes dents susurrent mille morsures
Ta langue dit mille mots
Chauds à ma peau
Qui s'enflamme sous mille tortures

Tu veux déguster
Mon sexe habillé
Etoffe et peau, tu mordilles
Et mon île déshabilles

Tu ouvres mon nid
Et te délectes de mon envie
Ta langue aiguise
Mes lèvres et m'électrise

Elle insiste, puis les délaisse
Pour ta convoitise
Longtemps elle la blesse

Enfin, elle laisse tes lèvres
Sans espoir de trêve
M'embraser
Dans l'intime baiser
De mon intimité

ODETTE POTTIEZ

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SACREE

Je voudrais m’étendre
M’éteindre
Au lieu qui m’a tant allumé
Tout près de l’ogive sacrée
Entre tes cuisses fuselées
Le cierge encore dressé
Vers ta chapelle ardente
Où j’entrais pénitent
Le sexe à l’avenant
Et les couilles contentes.
J’irais bien encore à con fesses
Murmurer à l’étroite fente
Tous mes jolis péchés
Que jamais ils ne cessent
Il y en a tant que je n’ai essayé.
Comme baiser le soupir
De ta Lune égayée d’un sourire
Apprendre à jouer du pipeau
A ton oeillet puceau
Petite sonate du soir en raie
De mon bel archet accompagnée
Puis te couronner reine païenne
Assise sur le trône de mon vit dressé
Sentir toute ta chair être mienne
Autour de mon axe serré.
J’ai encore tant d’offrandes à déposer
A l’hostie blanche de ton ventre rebondi
Où j’ai si pieusement joui
Tant de prières à chanter à tes seins
Tendre vers eux mes louanges et mes mains
Suppliantes et quémandeuses
Sachant tous mes voeux exaucés
Par ma belle curieuse
Oh oui, ma voluptueuse Chérie
Ma myrrhe à consumer
Mon en-sens à consommer
Je brûle à longueur de journée
Et tu ne m’éteins jamais
Jamais tout à fait....

CHRISTINE VIC

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LA LOUVE

Je viens nue, affamée
Au rendez-vous sans lune
Femelle avide et blême
Et mes sens en éveil
Je n’ai pas de retard
Mais ton regard questionne
Déjà j’aperçois l’ombre
De ton sexe impatient
Je le prends dans mes mains
J’y pose mes baisers
Il se gorge de sang
Et défie le ciel

Là, tu me jettes à terre
Et puis tu m’écartèles
Me besognes en râlant
Et m’emmènes avec toi
Dans un jeu pantelant.

JANE TULIPE

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LE POUVOIR

Tes yeux, je les veux vissés dans les miens.
Cela fait décupler mon plaisir,
Quand je vois les nuances d’abandon colorées ton iris.
Ton visage tout entier prend cette forme absente,
Ta bouche inerte concentrée sur ton sort,
Ton regard impassible à deux doigts de la mort
Précipite ma rage et incendie ma peau.
Oui, tu pars, hasardeux, ailleurs, et bien plus loin encore,
Qui suis je à cet instant ta nymphe ou ton tombeau ?
Je t’offre mon terrain, sans balises, sans détour,
Habilités de femme en dépit du mensonge,
Plus aucune décence ne limite mon tourment,
Je livre tout, en images charnelles,
Le déclin et l’audace,
L’emprise criminelle,
La paix et le conflit au berceau du dédain.

NATHALIE YOT

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PETITE SOIREE ENTRE AMIS (ACTE 2)

Les compagnes de mes désirs conviées au pied à terre
S’apprêtent de plaisir s’illuminent et parfument l’air
Les amants de ces belles frissonnent dés leurs pensées
S’abreuvent de polissonnes qui brûlent d’envie d’aimer

L’oeil complice des aimants s’anime comme une sonde
Sous le regard des amants la même longueur d’onde
Les compères amoureux se proposent d’un coup d’oeil
D’abandonner dans cette luxure un peu de leur orgueil

Vers l’hôtel des jouissances les tourtereaux s’envolent
Voir accroître leurs plaisirs dans ces soirées frivoles
Se souviennent de la crainte lorsque la première fois
Leurs vêtements sont tombés sur le plancher de bois

Les hôtes brûlent un cocktail en guise de bienvenue
Sous ses flammes des regards qui se voient déjà nu
Ils s’enchaînent quelques vers de qualité douteuse
Qui délivrent aux coquines un petit air d’allumeuses

L’ambiance est à son comble les âmes bien échauffées
Sous la lumière des ombres commencent à se toucher
Les comparses languissants s’invitent en flatteries
Leurs corps en s’emmêlant soulèvent d’infimes cris

Cercler par tant d’honneur venu leur rendre hommage
Parmi ces nombreux joueurs il n’y a plus d’enfant sage
Les mains se font dentelles les frissons se produisent
Au milieu des toutes belles viens de jouir ma promise.

STEPHANE ROIRAN

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LE COUP DE GRIFFE

Il aimait ses ongles durs
Pattes rudes
Le long du dos

Il ronronnait
Sous la griffe exquise
Qui mordillait sa peau

Il pleurait presque
Quand les pointes méchantes
Le transperçaient

Il attendait, hors d’haleine
Flottant dans une sorte d’effroi
Le coup qui ne venait pas

Il se tendait
Le sexe raide
Perdu, évanoui

Et pour finir, il jouissait
Fou de bonheur
Ivre de jalousie

Effrayé de la voir sourire
Innocente
Heureuse de son émoi

Tandis qu’il lamentait
Se répétant :
Mais où a-t-elle appris tout ça ?

ELEONORE DAUPHIN



   Avril 2006



PHANTASMES

Délit ma belle
Avec ton corps
Avant l’appel
Du lit de mort

Abandonnant
La chair trop pure
Pour des élans
Contre-nature

Je sais mon sort
Même sans crime
Pas de remord
Ni de victime

Juste une entorse
Aux platitudes
Passage en force
Et turpitudes

Se découvrir
Sous le supplice
Nouveau plaisir
Nouveau calice

Tu n’en veux pas
Mais tu demandes
Parle plus bas
Que je t'entende

Ne dis pas non
Je te devine
Ange et démon
je te domine

Tu voulais tout
Mais dans tes rêves
Allons au bout
Que je t’achève

Tu l’as osé
Dans tes fantasmes
Mourir brisée
Et dans un spasme

Tout est fini
Tu te retournes
Tu me souris
Et tu me damnes

ANDRE CAYREL

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ETHERE…

L'intimité des sens
Précipiter
L'illimité décence

La complicité des corps
Approcher
L'indéfinissable accord

L'infinité des caresses
Chercher
Une voluptueuse tendresse

L'incontrôlable désir
Sombrer
Insoupçonnables plaisirs

L'insondable connivence
Atteindre
L'intemporelle jouissance...

BOB OOTCHOO

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SONGES GLACES

Dans la froideur ruinée de vos veines oblongues
Je cherche la coriandre et le fruit safrané
Qui du bout de ma langue au fond de mon palais
M’emporte en des vapeurs sur les bords du Mékong.

J’y vois tes seins roulés aux ombres du Taurus,
Tes yeux en clair obscur sur l’eau folle et bénite,
Les eaux de l’Issy koul dans les bleus lazurites
Où s’écoule un lacis de lupins et de lotus.

Je bois à la tiédeur vanillée du pubis,
Comme un bouquet d’iris l’or et le clitoris
Se lient dans le couchant d’un lustre tropical
Sous une pluie mellifère et puis vaginale .

Dors ma belle il est temps d’éteindre le voyage,
Dans de grands draps de soie de Chine où des ancrages
Rivent les Pamirs sur des estampes fanées
Et j’irai me coucher dans vos songes glacés.

PHILIPPE MARQUET

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LE FRUIT DE LA PASSION

Quand perle sa rosée en goutte riche et tendre,
Le fruit rouge, en ma main qui le presse un peu fort,
Me stimule encore plus tout en venant se tendre
Vers ma bouche gourmande où l’attend un doux sort.

Aspiré sans vergogne, il trouve bien sa place
Dans ma gorge profonde, avec empressement,
Car ce fourreau soyeux est loin d’être de glace :
Il prise ses assauts au moindre glissement.

Raidi par ton désir et par ma langue experte
Il a pris de l’ampleur ; c’est le fruit tropical
Dont la taille étourdit par sa mesure offerte
En comblant un banquet… tel un dessert royal !

Allant, venant, d’ivresse il inflige à mes lèvres
Un rythme plus rapide et, déjà, l’avant-goût
De cette quintessence - affluant par mes fièvres -
Qu’il me délivrera me grise plus que tout.

Les remous de sa sève élèvent leur cantique.
Mais, voulant savourer encore un peu le jonc,
Je retarde son flux d’une habile pratique,
Juste avant que, d’émoi, n’explose son bourgeon.

La passion l’emporte, alors d’un bel entrain
Je suce goulûment ce fruit qui me rend folle
Pour recueillir son flot robuste, souverain,
Sur mes papilles où leur seul sens en raffole

Au verger de l’amour où, simplement, je t’aime

JOHANNE HAUBER-BIETH

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SEPTIEME CIEL

Le ciel se tinta de couleurs surannées
Le soleil était bas, je repoussai mon drap
Non, je n'avais pas froid malgré ma nudité
Je regrettai soudain l'homme qui n'était plus là.

La douceur de mes mains frôle celle de mes seins
Ersatz de sensations de deux corps qui se touchent
Le ciel est maintenant d'un ton céruléen
Quand je mouille mon doigt dans le chaud de ma bouche.

J'ouvre grand la fenêtre, le soleil devait voir
Mon corps sensuel, ses dedans, ses dessous
La chaleur pénétrante des rayons recevoir
Et la main affairée qui frotte sans à-coups.

Le plaisir ne vient pas, n'est pas au rendez-vous
Chercher vite un moyen, une idée, un tabou
L'image qui s'impose est une image de vous
Vous vous penchez sur moi, le ciel devient fou

Je ne vous connais pas et vous me faites peur
La main solide me tient, et l'autre me tripote
Vous mêlez habilement rudesses et douceurs
Vous êtes mon souverain, mon amant, mon despote

Bénis soient le plaisir, la femme et ses désirs
Plus vous me faites mal et plus je m'offre à vous
Dans le creux de ma chair vous forgez vos délires
Fantasmes assouvis si j'en arrive au bout

Et sous le ciel qui prend un aspect orageux
Enfonçant votre glaive dans mes parties charnelles
Vous vous croyez plus fort, béni par tous les dieux
Mais moi seule j'atteins l'extase du septième ciel.

MARIE-PIERRE DEMON

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MILLE FOIS...

Mille fois, en douceur, j'ai suivi ce chemin
Monté sur les collines, gambadé dans les plaines
Avec pour seule boussole, la passion de mes mains
Qui dessinent les mots pour te crier je t'aime

Mille fois, en douceur, j'ai gravé de mes mains,
Ecrit du bout des doigts ce qui ne se dit point,
Dessiné les rêves qu'en mon coeur je retiens,
Dédicace éphémère à l'amour qui m'étreint.

Mille fois, de bonheur, j'ai rêvé du chemin
De ces collines de charmes, de ces plaines d'airain,
Où mon esprit s'envole et mon coeur t'appartient,
Revenir à la source de nos premiers matins.

Ton dos est un roman aux lettres de satin
Qui chaque jour s'écrit à l'encre de mes mains,
Dont jamais ne me lasse de lire le refrain ;
Car, pour conter notre histoire, mille fois, ce n'est rien...

CLEMENT TRULLEN






   Mars 2006



VIOLAINE

Sourdre aux linéaments de fine porcelaine.
Jolie, vêtue de blanc, en fille châtelaine
Arborer son ombrelle aux allées d'un tableau,
Et paraître immortelle aux vitrines de l'eau.

Flatter quelque flâneur en intimant d'écrire,
Suggérer, souligner les muses d'un sourire.
En fausse indifférente et caressant le temps,
Entraîner dans ses pas l'encrier, le printemps.

Dans la limbe d'un lys, ma douce Violaine...
Que j'aime, polisson, sous votre coeur de laine
La voir ingénument affiner son satin
Pour vous cueillir, fleuron, en savante catin !

SEBASTIEN LHERITIER

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LES COLLINES

Il est parmi ce monde des collines chéries
Où j'aime à souhait que mes doigts vagabondent
Laisser courir l'envie, l'ivresse qui monte au vit
Libère en moi le feu du désir qui m'inonde.
Que la colline soit lisse ou finement boisée,
Gambader sur ces monts pour se sentir léger,
Et finalement, essoufflé, tant cet air vous enivre
Me plonger dans le miel de son ruisseau sucré,
Voilà bien mon périple aux monts que je chéris.

Il est parmi ce monde, des collines fleuries
Où se cueille d'amour l'unique bouton de rose
Qui ne donne son miel que si rien ne l'impose
A celui qui saura prendre bien soin de lui.
Il fait si bon là bas, en ces collines de vie,
Que goûter au voyage, à ces plats malicieux
Vous oblige à jamais à vénérer ces lieux.
Laissez courir l'envie, l'ivresse qui monte au vit
Et libérez en vous ce feu qui trop longtemps frémit.

CLEMENT TRULLEN

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CARESSE…

Ton doigt vient s' immiscer dans mon décolleté
Caressant doucement le galbe de ma gorge
Qui palpite sitôt sous l’élan velouté
Dans lequel ton désir est un soufflet de forge !
S’attardant langoureux sur le bout de mon sein,
Il accueille avec joie l’hommage de la pointe
Répondant à tes vœux et comblant ton dessein
D’unir à ton envie la mienne, aussitôt jointe !
Ta main lors, sur-le-champ, à saisir le doux fruit
Dont la chaleur t’enivre, sans hâte s’aventure,
Goûtant le long frisson que mon ventre traduit
Escortant mon soupir sous la paume plus dure.
Dans tes yeux dont l’éclat est celui du plaisir
De me sentir répondre à cette tendre avance,
Je devine déjà celui dont le loisir
Sera de me combler, là, de suite, en puissance !

© JOHANNE HAUBER-BIETH

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EXPLORAGENES DE MARS


Explorant
Ces vallées luxuriantes comme des indigènes
Les corps emmêlés sous leurs propres sillages
Laissent imprégnées leurs singulières traces
Comme une fugue verdoyante limpide et sauvage
En offrande à leurs sentiments les plus tenaces
Perdus aux confins du mystère des zones érogènes

Recherchant
Toujours à connaître l’incroyable origine du gène
Du savoureux diamant du plaisir aux inavouables limites
Du désir du fantasme de voir de toucher de sentir
Aux travers des chemins coquins des zones hors limites
L’envie et l’excitation s’empressent de les cueillir
Par de suaves élixirs aux éblouissants stratagèmes

Fervents
Chevalier et cavalière du monde aux saveurs hétérogènes
L’Amour berce les cœurs dans leurs sensations « Peau-Ethique »
Au royaume des douceurs du chant concupiscent de la VIE
Elle en Marquise de Sade au con qui adore le vit et sa rythmique
Lui en Jason à la conquête de sa tendre toison débordant d’envie
De s’enfouir à l’ouverture sensuelle de ses lèvres « vulcanogènes »

Jouissant
Des affinités charnelles aux ressources sans fin et sans gêne
L’homme et la femme errants avec leurs florilèges d’attirances
Dans la virtuosité dévorante du concert de gamme et d’harmonie
S’étreignent dans un Eden de liberté aux champs des confiances
Communes de l’arpège pénétrant l’ardeur de leurs symphonies
Conjugales propices au renouvellement de leur soif d’oxygène

OLIVIER MENARD

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POLIORCETIQUE

Comme un soudard ivre de conquête,
Partir à l’assaut de tout ton être,
De tes monts et merveilles
Comme l’on fait d’une citadelle imprenable ;
De ma bouche avide,
M’emparer de tes places fortes
L’une après l’autre,
Apprendre à déjouer patiemment
Tes ruses, anéantir tes résistances ;
Défaire les remparts de tes bras,
Dompter d’une brûlante étreinte
Ta nuque frémissante et rebelle,
Pacifier de baisers
Les places blanches de tes épaules,
Et m’emparer par traîtrise
Des dômes clairs de tes seins,
Me délecter enfin
Du trophée de leurs pointes dressées.
De mes doigts affamés
Parcourir le dédale de ton corps,
Tes pleins et tes déliés,
Livrés à moi du crépuscule à l’aube,
Sans jamais parvenir à en faire le tour.
Profaner avec délice, outrager même,
Tes secrets d’ombre,
M’enivrer de tous les muscs de ta peau
Dans ma soif intarissable de toi.
Et sous l’arc-boutant de tes reins
Enfin soumis,
Forcer les portes de ton plaisir,
A ton palais de roses et de nacre
Cueillir de ma langue éblouie
Le miel de ton extase,
Elixir de nos désirs réunis.
T’ouvrir à moi
Te jeter en pâture à mes lèvres,
Festoyer de ta chair
Te faire absolument mienne
En entravant tes mains et tes soupirs.
Puis, malgré tes tendres suppliques,
Continuer, continuer,
Me vautrer en barbare dans la soie tiède
De ton ventre et de tes cuisses,
Y perdre mon âme sans doute,
Me repaître de toi, toi
Jamais consentante mais toujours offerte,
Mettre tes pensées à feu et à sang,
Crucifier ton corps en de douces morsures
Jusqu’à ce que, brisées toutes deux
D’exquise lassitude
Nous glissions ensemble vers le repos
Moi ta victime, toi mon bourreau,
Enchâssées l’un dans l’autre,
Ton cœur près de mon cœur.

PATRICIA ZABEHI


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IMAGINATION...

Visiteur noctambule de tes songes effrénés
Citadelle sans sentinelle à cette heure avancée
Parcourant ton corps de mes douces pensées
Tout dans cet instant même le temps n'est plus compté

Ton souffle lourd de sommeil se fait apaisant
Profitant d'un soupir régulier, éternel, envoûtant
Tes lèvres m'aspirent dans un tourbillon troublant
Un baiser qui me chavire dans un rêve déroutant

Invité à te suivre dans tes désirs secrets enfin dévoilés
Dans tes voyages nocturnes, sensuels et un peu osés
Mille et une volutes de pudeur exquise abandonnées
Dessiner en arabesque ces caresses tant imaginées

Ebauché de mon désir le parcours de ton corps
Je me blottis en spirale contre toi en parfait accord
Me glissant au plus profond de ton intimité. Oh encore !
Enivré, évanoui de tes senteurs féminines que j'adore

Mes caresses inopportunes interfèrent dans ton souffle
La nuit avance et mes déambulations se font plus douce
J'enroule ta taille sans bruit aucun, profite de ce nous
Je dépose un dernier baiser aux rivages de ton cou

Avant de te laisser ravissante de torpeur...
Mais tu sais que je reviendrais...
Chaque nuit, autant que tu le voudras...

BOB OOTCHOO


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PSEUDO FEMME

Chère muse internaute
Nous avons imaginé
Ce fût peut-être une faute
De pouvoir nous incarner

Jadis on pouvait se dire
Des vers sans jamais fauté
On aboutissait au pire
Aux ceintures de chasteté

Aujourd’hui tout se mélange
Un écran traduit la vie
La femme en pseudo se change
Mais pourtant la même envie

Tu écris je te découvre
Et tu te dénudes ainsi
Je perçois ta peau qui prouve
Que tu es humaine aussi

A force de tant surfer
Je te trouve si légère
A force de tant rêver
Nous avons quitté la terre

Nos envois sont des envies
Des soupirs et je suppose
Que ton visage rosit
Devant les mots que tu oses

Dans ma tête se mélangent
Des corps déjà dénudés
Des femmes à figure d’ange
Que j’ose enfin aborder

Flot de langage chargé
Coïncidence impossible
De l’écrit a émergé
L’exigence inaccessible

Malgré le temps et l’espace
Le désir nous brûle mais
Sans jamais laisser de traces
Nous resterons affamés

Tant de rêves passent ailleurs
Même heureux on imagine
Un autre monde meilleur
Un rêve dans la routine

Nous ne l’atteindrons jamais
Ou si tard qu’il faut bien vivre
Une vie à fantasmer
Affranchi des marches à suivre

Comme pour l’amour humain
Donnes-tu autant de fièvre
J’ôte du clavier ta main
Pour la porter à mes lèvres

ANDRE CAYREL



   Février 2006



L’ORDINAIRE VACUITE LIBIDINALE

Roulent les ombres vaginales,
Sous mes rêves en avance,
Dans les soirs solitaires de l’ignorance
A l’ordinaire vacuité libidinale.

L’amour fourrage avec l’orage
Lorsque le désir s’évapore de rage.

Ô soirs ! Ô ramasses poussière !
Ignorent les émergences fières.
Le vent frisonne à l’approche des volontés,
Le froid vaporise des avalanches de frivolités.

Ô toi ! Ô moi !
Nous échangerons nous dans nos mains d’or ?
S’asperger de fleurs et de chaleur.
Nos arborescences dans le brouillard,
Une invraisemblance passagère :
Rien ne perce et tant à l’intérieur.

Désamorcerons nous ces forces qui nous obscurcissent ?
Et les feux des artifices
S'étoufferont-ils courageusement un jour ?
En grimpant sur ces hautes tours
Tour à tour crever ces grêlons en averse.

Oserons nous nous embraser, nous embrasser ?
Laisser jaillir cette pluie de désirs en bouches
Fracasser les rugueuses roches
Pétillements et crépitements
D’origamis déployés éperdument.

Cultiverons nous le même jardin, la même matrice?
Que les adventices et le lierre envahissent.
Je crois encore fertile cette terre
Reste à nos graines d’éther
D’entrer en matière.

Ô elle ! Ô femme à couvercle !
Partagerons nous dans le même cercle ?
Le profane au centre à contre-jour,
Le sacré arborant les contours.

L’esprit s’endort rempli
De ces interrogations en sursis,
Alors que roulent les ombres vaginales,
Sous mes rêves en avance,
Dans les soirs solitaires de l’ignorance
A l’ordinaire vacuité libidinale.

JEAN-CHRISTOPHE CLAUS

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SINGULIERE VERTU

Par tes lèvres, aucun vœu tu n’auras formulé
Mais garde ce bien précieux dans la chasteté
En charge et honneur jusqu’à ce jour élu
Au ton cuivré de la fleur qu’on aura perçue.

Douce de févrilène en moite pâleur
Bractées d’une marjolaine, forte senteur
Te voilà en éclosion la sève montante
Perverse délectation de l’âme postulante.

Un corps ajourné au prétendant qui réclame
Se voir refuser par avances coupables
Une pudeur de chatte au manteau d’hermine
Du vit qu’on appâte y flétrir la gredine.

Par tes lèvres, aucun vœu tu n’auras formulé
Mais prends ce bien précieux par amples avalées
Décharge au bouquet d’un viril membre élu
Images satanées dans l’excitant vécu.

GERARD HARTALRICH

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FANTAISIE...

Quand enfin je ferme les yeux,
Moi je voudrai toucher ta peau…
Quand le soir assombrit les cieux
Moi je voudrai glisser les mots
Les plus sucrés à ton oreille
Et déposer depuis ton torse
Un feu plus pur qu’un soleil,
De baisers de miel et d’écorces
Jusqu’au fin fond de tes entrailles
Jusqu’à la chair toute puissante
Jusqu'aux petites funérailles
Voilà ma fantaisie latente !

MARIE ASSELAIN

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AUX YEUX DU SOUVENIR...

Les étoiles brillent au firmament
Ce qui m'émeut profondément
En cette heure élue entre toutes
Mon esprit est en pleine déroute

Harpe d’amour sur la nuit infinie
La mer, et ses vagues d’harmonie
Me fait vibrer d’un long frisson
Comme au temps de l’unisson

Amour sanctifié, c’est avec fièvre
Que j’ai bu à l’urne de tes lèvres
Quand nos corps se sont accolés
Ton visage était irradié…

Comme une fleur tu t’es ouverte
A mon étreinte tu t’es offerte
Tes yeux ont dardé des éclairs
J’aspirais l’odeur de ta chair

Tu fus alors ma tigresse lubrique
Mon vit devenu électrique
Ton corps a fait des vagues d’or
Mais ton cœur, lui, battait très fort


Mon sang brûlé par le feu de ta bouche
Emmêlés, corps à corps farouche
Ardents, passionnés, sans remords
Croyant détenir notre sort…

Embrasement de la jeunesse
Toi et moi, corps et âmes en liesse
Fusées de quatorze juillet
En ce qui fut un bel été

Nos corps enlacés dans la mousse
Et les caresses de tes mains douces
Des souvenirs… parfums séchés
Bien difficiles à oublier !

JAN GOURE

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L’ENVOL DES SENS

Frémissement sous ma jupe de soie
Tes mains remontent le long de mes cuisses
Un soupir naît de mes lèvres sous tes doigts
Brûlants mes chairs où le miel se glisse

D’une petite étoffe, infime dentelle
Embrassant la rosée de ma fleur
Quand s’aventure ta douceur charnelle
Tombe le satin, sous l’exquise moiteur

A la caresse de tes lèvres je chavire
Tes mains voyagent sur ma peau
Entraînant les frissons du plaisir
Sous ta langue explorant avec brio

Breuvage au calice de mon corps
Mon ventre s’embrase sous le feu du désir
Mes jambes à ton cou se posent alors
Empale moi de ton dard, fais moi tressaillir !

Va et vient aux abysses des profondeurs
Se cambre le creux de mes reins
L’orage éclate, nous laissant jouir en cœur
Le silence se couvre de nos cris sereins..

GHISLAINE

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RIVAGE

Haletant rivage l'un et l'une ne font qu'un
Mes lèvres tremblantes en explorent les recoins
Ta peau moite et salée se colle et se déchire
Et tes seins en transe haranguent le va-et-vient

MUSTAPHA KHARMOUDI

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SAVEUR SUCREE

Saveur sucrée sur ton corps en abandon
Qui cherche l'inspiration
Acteur noctambule de ma passion
J'accroche mes rêves à tes émotions.

Vibration intense, charnelle
Allant crescendo
Lorsque mon corps, inondé de plaisir
Cherche violemment ta peau
Recherchant de toi l'élixir
Toute ma fièvre s'enroule à la tienne.

Saveur sucrée, tu me plais
Saveur sucrée, tu me plais.

Sur mes seins à tes mains confondus
Un vent frais mutin parcourent mes cimes
Passe sur ma vallée chaude et tendue
Et des torrents s'avancent
Venus des abîmes
Toute ma ferveur s'allie à la tienne.

Saveur sucrée, tu m'entraînes
Saveur sucrée, tu m'entraînes.

Comme un gladiateur en force dans l'arène
Viens te gorger sous ma toison humide
Envahir et te repaître de mon domaine
L'anéantir, le reconstruire, avide
De toutes mes envies enchaînées aux tiennes.

Saveur sucrée sur mon corps
Saveur sucrée, on t'adore
Saveur sucrée sur nos corps
Saveur sucrée, encore...

MURIEL DIDIER






   Janvier 2006



LE CREPUSCULE D’UN FAUNE

En ai-je mouchées des chandelles
Chiffons de soie, papiers froissés,
Bruissent encore à mon oreille
Du chant de la chair de mes charmantes années
O combien de jouvencelles,
En leur plainte d’amour infinie,
S’abîment en mon âme,
Y résonnent à l’envie ?
L’aurais-je mouchée, cette chandelle...
Aujourd’hui je vois, l’esprit serein,
Mon dard, mon ami, porter à merveille,
Qu’il en soit ainsi en sa couronne vermeille !
Si elle était d’or en serait-il plus fier ?
Demain viendra l’argent,
Il en sera plus malin !
En ai-je mouchées des chandelles
Papiers de soie, chiffons froissés,
Bruissent encore à mon oreille
Du chant de la chair en nos charmantes années
Si de ma peau, ma douce, le grain
Décline ce que fut jadis
Ephèbe, mon joli corps d’airain
Alors que mes tissus se rident,
Se fanent, s’érodent en vain,
Résonne encore à nul autre pareil,
Le chant de la chair de mes charmantes années !

LUDOVIC LENCOU

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A UNE CAVALIERE

Dites-moi cher amour aurai-je le plaisir
Bientôt de vous revoir ardente de désir
De me sentir happé par votre bouche habile
Qui sait exacerber mon attente immobile
Et que de votre sexe aux saveurs animales
Mes lèvres à nouveau épousent les pétales
Avant que vous veniez amante écartelée
Danser la douce danse alors échevelée
Mon pubis torturé par votre pénil blond
Vous laisserez bondir votre joli cul rond
Et perlée de rosée jusque dans vos cheveux
Vous me direz enfin et maintenant je veux
Puis vous me permettrez dans ce corps qui m’éreinte
De rêver l’infini d’une éternelle étreinte

JEAN BAYLE

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SONNET LIBERTIN…

Prenant d’assaut ta proue
Dressée au vent fougueux de ton ardent désir,
Sur les flots de l’amour, ma bouche, de plaisir,
Est une douce roue !

De ma langue qui joue
Le long de son essor où perlent à loisir
Les gouttes de l’émoi qu’elle adore saisir
Je t’aime et je te loue…

La soif de ton frisson
Me donne cette fièvre où brûle à l’unisson
Ma faim de ta jouissance !

Et lorsque enfin jaillit
La vague généreuse, en flux plein de puissance,
Toute mon âme jouit !

© JOHANNE HAUBER-BIETH

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BAISE-MOI

Amoureusement, je m’endors à tes côtés.
Les draps de soie sont encore immaculés,
De ma plus belle lingerie je me suis armée.
Ce soir aux plaisirs charnels je goûterai.

Perfides, tes mains effleureront ma poitrine frissonnante
Tes robustes jambes encercleront ma taille aguichante.
Tes lèvres s’échoueront le long de ma nuque virginale
Ma croupe se frottera à l’indomptable animal.

Ah ! Mon bienfaiteur, je jouirai de ta labeur
Fier d’être perverti par ce membre supérieur
Mon insatiable con ne s’apaisera que dans la douleur.
Parfaitement synchronisés, nous déchargerons avec ardeur.

Pourtant ce soir encore, tu négligeras notre engagement,
Je garde en mémoire le souvenir de nos vives frénésies
Puis introduit discrètement un doigt dans mon sexe meurtri.
Et t’implore courtoisement, de me baiser violemment.

VANESSA FRERE (Lauréate du mois de décembre 2005)


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DERNIERS SACREMENTS

« Et, après avoir rendu grâces, il la leur donna
en disant : Buvez-en tous, car ceci est mon sang. »


- Livre des prières communes

Et à la chaude lueur mouvante
des bougies vanillées,
diffuse entre les murs parfumés
de mon bureau en bois de rose,
tu étais étendue, les yeux fermés,
tes pieds nus sur la causeuse,
et tu écoutais les poèmes
coulant d'entre mes lèvres mûres,
iambes paisibles en harmonie
avec ton pouls intensifié, quand,
de ma place devant toi sur le sol,
un faible éclat que
je vis du coin de l'œil
séduit mon attention,
insistant, lors même que je continuais
à réciter, jusqu'à ce que,
réticent à résister à son magnétisme,
je me tournai pour contempler
le lustre rouge subtil
reflété par tes ongles de pieds
couleur sangria.

Ta mystique m'aurait échappé
n'eus-je été ainsi béni,
mais, comme un homme,
je succombai à l'envie,
incapable de réprimer
le désir évoqué en moi
par ta beauté délicate.
Sur ce, oubliant
ton amour pour un autre,
je devins fasciné par une sublimité
au-delà de ton charme physique,
de par le soin que tu avais pris,
le temps que tu avais mis de côté,
pour te faire belle pour moi,
bien que tu avais dû savoir
que tu l'étais déjà,
et en cela perçus-je ta divinité.

Je présageai alors
l'angoisse qui s'ensuivrait
si nous étions sincères
et je forgeai ainsi une alliance
avec mon âme,
je pesai l'extase fugace
de l'aveu de mon amour
contre une vie qu'il nous faudrait
passer l'un sans l'autre,
puis je baissai les paupières,
me penchai plus près,
et pressai mes lèvres tendres
sur tes chevilles en un baiser.

Je t'embrassai encore,
et même une fois de plus,
des baisers doux comme du duvet
ôté du sein d'une colombe,
puis je me souvins de ta promesse
à ton bien-aimé et je pris conscience
de ton droit à la colère,
je tempérai alors mon affection
pour me préparer à ton dédain,
mais lorsque je levai mes yeux timides
je remarquai les tiens, humides de pitié,
et avec la larme qui m'accordait ton pardon
je me retournai pour encore regarder tes pieds
et je bus tes ongles rouge sang
de mes yeux peccants,
ma vision un calice
duquel siroter mon salut,
puis je congédiai mon cœur,
un raisin mûr, passé
au pressoir de l'amour.

JAY BLACK - Poète anglais-canadien (Traduit par Sandra Chiancone)

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LA VEUVE NOIRE

Le deuil c’est bien beau
Mais il y a l’envie
Devant le tombeau
On pense à la vie

La dame est en noir
Sans lui qu’elle est belle
J’aimerais la voir
Blanche et naturelle

Rien que sa pâleur
Vivifiante et fraîche
Son corps prometteur
Et sa peau de pêche

Lâché le mouchoir
La culotte blanche
Et le voile noir
Glissent sur ses hanches

Le noir que voila
Niché dans la chair
N’était jusque là
Que pour l’être cher

Son ventre fécond
Fait la connaissance
Des mains du second
Pour la renaissance

Sa bouche menue
Doit faire un effort
Le nouveau venu
Plus fort que le mort

Les pleurs ont séché
Le rose est venu
Sur la peau léchée
De la veuve nue

Le rouge et le noir
Se sont consolés
Aux coups de boutoir
Les larmes ont coulé

Toute cette ardeur
Ne peut pas mourir
Qu’importe le cœur
Devant le plaisir

Reste après les pleurs
Pour tout exutoire
Le rose et la sueur
De la veuve noire

ANDRE CAYREL

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EMBRASEMENTS

Jardin de poésie
Venu dont ne sait où
Un papillon si doux
Le cycle de la vie

Charme moi
Bouscule moi
Effleure de tes mains
Mets le feu sur mes seins

En rêve je t’ai rejoint
Et nos corps se sont joints
Sois pour moi Amalthée
Pour goûter ta voie lactée

Dégrafe la soie
Ôte le lien
Laisse tes doigts
Parcourir le creux de mes reins

Piano à quatre mains
J’ai trouvé le chemin
D’une peau chaude et douce
D’une fleur dans la mousse

Cueille mes désirs
Glisse toi sur mon corps frissonnant
Dans tes bras je veux jouir
Fais moi l’amour bel amant

Je suis le papillon
Posé sur ton bouton
Sur toi ma belle amie
Je te donne la vie

Caresse mon ventre
Investis mon antre
Pourfend de ton épée
Mes chairs de feu imprégnées

En ton intimité
Le désir est entré
Te voilà frémissante
O ma belle Atalante

A la rosée de mon corps
Ta langue investit mon volcan
Quand le feu inonde nos A corps
Nos cris tuent le silence et la lave se répand

Ma langue sur ton bouton
Te tire de longs frissons
Ta divine rosée
A un goût de miellée

Sous l’assaut de tes reins
Chevauchons dans un va et vient
Nos corps enchaînés sous l’ouragan
Ondulent d’un feu brûlant

La danse de l’amour
Le duo de toujours
Quand arrive l’orgasme
Corps parcourus de spasmes

GHISLAINE et un CHEVALIER

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CHALEURS…

Aller dans la nature c’est pour s’y retrouver
Mais nous, c’est pour s’ y perdre, yeux au ciel extasiés
Et c’est au fond du bois, sur la mousse allongée
Qu’enfin je te rejoins, divine bien aimée

Sous le tissu : chaleur ! je sens ton cœur qui bat
Mes mains déjà t’enlacent, je te serre contre moi
La pointe de tes seins, sous la fine chemise
S’appuient sur ma poitrine, et cela m’électrise

Le petit Dieu Eros, qui sur nous a tiré
Une flèche d’amour, de son arc bandé
Nous fait déjà comprendre que la passion l’emporte
Comme un torrent violent que la Nature conforte

Moi je te déshabille… frissons incandescents
Qui naissent sous mes mains ; chair moite qui consent
Et un beau lutteur sous ma langue se pâme
Ton corps souple si brûlant m’affole et je m’enflamme

Mes mains toujours actives se promènent partout
Mais peu à peu descendent, promenade qui rend fou
L’une a bientôt rejoint ta fleur dans la mousse
Elle s’ouvre sous mon doigt qui doucement la trousse

De la bouche gourmande qui arrive à son tour
Sur un petit mont, mystère mis à jour
Une langue lascive aux ardeurs de braise
Le fait entrer en transe : liqueur au goût de fraise…

Puis l’impérieuse ardeur, ultime enlacement
Maelström bouillonnant en va et vient dansants
Tes doux roucoulements tes phrases énamourées
Se mêlent à mes soupirs, rauques onomatopées

A quoi bon comparer, l’éruption d’un volcan
Avec ces corps à corps, qui nous lient tant et tant
Séparés de repos d’où fusent les : Je t’aime !
Depuis la nuit des temps, toujours le même thème…

JAN GOURE


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