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   Février 2008



DEUX


Elle l’effleure du bout de ses lèvres humides
Il se tend, s’avance, se donne
Elle se ferme les yeux pour mieux goûter la douceur de ses baisers
Il garde les siens ouverts afin d’admirer son abandon

Une danse folle les enivre
Étourdi, excité, inconscient
Un désir palpable englobe l’espace
Leurs sens sont déments

Il s’infiltre progressivement, délicieusement
Elle se cambre, se cache
Il s’insinue passionnément
Le souffle court, haletante, elle s’abandonne

Elle le saisit de sa main fébrile
Il savoure, s’avance, s’offre
Elle l’englobe, le frôle sensuellement
Tremblant, jouissif, il se donne….

JOSEE LAPOINTE (Québec)

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CHERIE

Chérie, je vais t'aimer en devenant le vent.
Je vais te caresser durant des jours des nuits,
Sur ta peau, mes doigts deviendront un souffle lent
Et mes phallanges seront sur toi, perles de pluie.

Je m'attarderai dans ta belle chevelure,
Et je m'en irai frôler ta nuque doucement.
Descendant dans ton dos, je deviendrai murmure,
Et sur tes fesses, je glisserai très tendrement.

Le long de tes jambes, continuera mon parcours,
J'épouserai tes mollets, tes chevilles et tes pieds.
Puis arrivé là-bas, je ferai demi-tour,
Pour aller à la rencontre de tes trésors cachés.

Je serai Mistral de tes pieds à tes cuisses,
Et je balayerai les nuages de tes beaux yeux,
Car je t'envelopperai de douceurs de délices,
En m'engageant dans ton canyon si merveilleux.

Là, le long de tes parois humides et lisses,
Je me faufilerai au plus profond de toi,
Et je te forgerai de délicieux supplices,
Qui feront exploser tout ton corps en éclat.

Puis, quand tu reviendras de ce beau voyage,
Je referai le tour de ton bel oasis,
Et progressivement je deviendrai orages,
Pour faire exalter de bonheur ta fleur de lys.

Après t'avoir transporté jusqu'au septième ciel,
Mon souffle partira à l'assaut de tes seins.
Je les entourerai de chaleur, d'hydromel,
Et je les lécherai jusqu'au petit matin.

Puis, je repartirai vers ton cou et tes lèvres,
Nos langues se chercheront pour être unies toutes deux,
Nous penserons peut être que ce n'était qu'un rêve,
Mais les étoiles d'amour brilleront dans nos yeux.

FRANCOIS POMMELET
(France)

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PLUME DE NUIT

Je vous sens contre moi sombrer dans le sommeil,
Vous, repue d’amour, moi, de votre beauté,
C’est alors que souvent ma plume se réveille
Et tente vainement, Madame de poser
Quelques mots sensés dire la douceur de vos courbes
De la soie de vos seins quelques mots insensés
Mais très vite le flux de mes pensées s’embourbe
Car les mots sont trop lourds pour un corps si léger.

Pour le regard d’abord qui du corps est l’enseigne
Des yeux de lagons bleus, buvards de mes folies
Où cinglent mes voiliers, frappés d’un cœur qui saigne
Mais l’encre se dilue sous la douce utopie
De saisir par des mots, si brillants fussent-ils
Toute la profondeur de vos yeux qui scintillent

Je laisserai pourtant ma plume tenter sa chance
En prenant soin de ne troubler votre repos
Je ne peux en effet m’imposer le silence
Quand je voudrais crier, en tous cas dire haut
Ce que le galbe rond que forme votre hanche
Et la dune brûlante de votre bas du dos
M’ont valu d’insomnies, de fièvres et de nuits blanches
Dont je n’ai point regret car il furent l’écot
La dîme minimale qu il me fallait verser
Pour mériter Madame, vous voir à mon côté

Ecrire, vous contempler, dans la même foulée
Tatouer le papier de serments et de cœurs
Tandis que votre peau se trouve constellées
De phrases versifiées que je trace au marqueur
Vous habillant le corps de liserons de couleurs.

La plus belle des rimes clôt une jolie phrase
Née de votre cheville s’enchevêtre, montante
Glycine boulimique facétieuse et sournoise
Choisit l’imperceptible écart de l’entrejambes
Le sentier tortueux mais combien capiteux
Qui traverse vos boucles où vos jambes se croisent
Mais l’encre ne suit plus et ma plume prend feu.

C’en est trop, j’ai tant faim à nouveau du velours
De votre ventre chaud que ma plume s’affole
Et court sur le papier décrivant l’aréole
De vos seins…ah quoi bon…

Paix ma plume, prends raison, pose toi, jette l’ancre
Nul espoir de décrire par tes éclats d’acier
Une telle fusion, quand son corps vient s’étendre
Ton encre se dissout, tes mots partent en fumée.

Non ce n’est pas Madame, avec quelques consonnes
Et de rares voyelles jusqu’à la corde usées
Qu’un poète, fut il, sorti de la Sorbonne
Abordera l’épure de votre corps de fée…

YVES MAILLEUX
(Belgique)

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LA FEMME PAPILLON

Mon amour, sais-tu (quelle est) mon exaltation
Lorsque tu portes la blanche feuille
De ton corps
Aux lèvres du désir
À lui seul livré ?
Et quand ta nudité (le tourment
de tes seins et leur ramure légère)
Vole vers moi en papillon des yeux ?

Sais-tu quand tu ouvres la page blanche
De ton ventre sur tes cuisses
Quelles lèvres de mon désir
S’appliquent alors en toi ?
Et quand tes nudités (toutes :
du tourment de ton sexe à sa chaleur de vair)
Se collent à la lumière en papillon de nuit ?

Et quand sommes-nous nous-mêmes
Abouchés
À nous-mêmes
En un même et Un seul ?

JACQUES CAUDA
(France)

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CE CORRIDOR ALANGUI


Ce corridor alangui
où tu t’étires
endormie
tapisserie
rose de haute
lisse

ce couloir où
tu glisses visage chauve
rougi par la
chair
glaise lasse

(en de lyriques accords
confondus
tendus
les corps viennent
viennent)

corridor où simple mortel
à ta guise
j’agonise

pour un
nouvel émail

pour une
métempsycose
commune


MATHIEU SABOURAUD (France)

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TOUTE LA BEAUTE DU MONDE

Le crépuscule naissant épousait nos paupières
La moiteur de nos corps unissait nos prières
En des désirs intenses de feu et de lumières.

Les arbres frissonnaient et moi j’étais transie
D’amour et de tendresse à te donner ma vie
Dans tes yeux je voyais le reflet de nos nuits.

La lune aventureuse me faisait des clins d’yeux
De Toi elle me laissait un contour délicieux
Une esquisse tracée par un doigt amoureux.

Mon ventre épousait la courbure de tes reins
Mes mains vagabondaient en tendresse sur tes seins
Ma bouche enfiévrée de baisers s’enivrait de ton parfum.

Les voiles de la nuit enveloppaient nos corps
Tes désirs attisaient ma soif de tes trésors
Et je fouillais en Toi tout comme un chercheur d’or.

Et ce n’est qu’à l’aurore d’un matin lumineux
Que j’ai pu apercevoir un monde merveilleux
Celui dont j’ai rêvé quand je regarde tes yeux.


Françoise MONDINE
(France)

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AMUSONS-NOUS

Belle égérie d'antan sauvage et callipyge
Agréant sans façon mes voeux ithyphaliques
Dans un huis déhiscent aux ardeurs priapiques
De dextre et de senestre conduisant le quadrige .

Vous dûtes sans malice expliquer longanime
Un tour inattendu alliciante Venus
Et tendre le tétin afin que je le susse
Petit cours didactique auguste et magnanime .

Et tout ce que vous fîtes et tout ce que vous fûtes
Réplétion Mégarique en fait hypostasiée
Mais sans histrionisme en toute ipséité

Quand surgit le plaisir issu de nos culbutes
Nul ne put deviner le poids que vous m'ôtâtes

Nul ne sut c'est certain combien vous m'épatâtes.

CLAUDE MARY
(France)


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